C'est le jeune frère de Sidi ,Aboudakrim qui nous servira de chauffeur pour notre voyage vers Taboye. Nous l'avons rencontré hier pendant que nous nous promenions avec Sidi .
Alors que Sidi , jeune homme de 20 ans est habillé à l'europénne , Aboudakrim d'un an son cadet , porte le chèche . Ils ont tous deux la peau claire ,couleur café au lait et des yeux en amande ,des dents blanches à démoraliser tous les dentistes de la terre ,des cils épais et recourbés qui n'ont besoin ni de magic curl ni d' épaississeurs !
Le jeune Touareg est venu nous chercher en fin de matinée .Nous comprenons vraiment le sens du proverbe Touareg "tu as la montre j'ai le temps " je l'avais traduit par : je "possède le temps " mais c'est bien "j'ai le temps " qu'il signifie ! Car là bas dire rendez-vous à 10 h n'a pas de signification ;vous le savez peut être pour l'avoir vécu dans d'autres pays du maghreb ,ou du moyen Orient ,mais au Mali cela semble encore plus vrai....ils viennent lorsqu'ils ont achevé de faire tout ce qu'ils ont décidé de faire ; entre temps ils rencontrent sur le chemins toujours quelque ami, quelque cousin ...et lorsque on rencontre quelqu'un de sa connaissance pas question de dire un simple bonjour ,celà serait inconvenant . On demande à son ami comment il va , puis comment se portent ses parents , et la santé de sa femme et ses enfants et ses cousins.... Bref nous voilà enfin partis ,pas très loin en fait .Nous rejoignons Mossa qui n'a pas fini de faire les achats pour la nourriture et les boissons que nous devrons utiliser pendant notre séjour à Taboye et au campement . Pendant qu'il règle ces derniers problèmes d'intendance , nous pouvons tout à loisir regarder les personnes qui s'affairent dans la rue . Plusieurs Touareg déambulent . Mais comment font ils donc pour se reconnaître l'un l'autre, si ce n'est par la manière de marcher ! Certains ont le bas du visage complètement caché par le chèche et nous pouvons seulement voir leurs yeux.
Des femmes à la peau noire ,bambara ou songhoi ,on ne m'a pas encore dit si leur manière de s'habiller est différente, mais de femmes Touareg ,point dans les rues ...il faudrait que je pense à demander si c'est un hasard .
Un jeune homme s'approche ,il mange une sorte de fruit . Je ne peux m'empêcher de lui poser la question. Gentiment il m'explique que c'est un fruit du nénuphar ,cela se trouve sous la plante dans l'eau et c'est paraît il très bon ,je lui fais entièrement confiance ! Je goûterai une autre fois . Nous partons! Mossa ,s'approche de nous et nous grimpons dans son 4X4 . Le coffre est rempli à craquer ! Avec nous ,se coince à l'arrière Ibha , un autre Touareg . En fait c'est ça qui est désagréable , les places de devant sont réservées au chauffeur et à Mossa ,et à l'arrière seules les places près des fenêtres sont à choisir car au dessus des fenêtres il y a des poignées pour se cramponner ;cette fois c'est Arnaud mon fils qui se retrouve au milieu ,c'est vrai on voit mieux mais vous le verrez si vous ne l'avez jamais connu ,le désert est plein de trous et de bosses, et les sauts en 4X4 comme vous les voyez en regardant Paris-Dakar à la tv c'est beaucoup plus confortable à regarder assis dans son salon; car ici ,il faut pas rêver ,le confort des 4X4 est sommaire ,et pas de ceinture pour nous maintenir .Question d'habitude!
Nous traversons la rue bordée de marchands quant un Touareg se met à gesticuler sur le trottoir .Coup de frein . C'est Moussa qui s'approche de nous pendant que Aboudakrim rebrousse chemin . Un serrement de main ,pas question dans un pays musulman de lui sauter au cou ! Moussa nous rejoindra sur la route dès qu'il aura récupéré sa voiture garée un peu plus loin et dans laquelle son père l'attend.
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