Lentement je viens de refermer mon livre comme à regret , comme l'on quitte après quelques jours de vacances un lieu qui nous a marqué ,des gens que nous avons appris à aimer , à comprendre...Le cri cri des cigales a rempli le silence des résidences du "Vatican". Le claquement sec du coup de feu résonne encore dans ma tête...Que sont ils devenus depuis ,ces hommes et ces femmes avec qui j'ai partagé quelques heures de leur vie. Les toubabs , les blancs ,une fois rapatriés en France, une fois qu'ils n'étaient plus dans "l'émotion" ont ils compris que cette grêve aurait pu s'achever autrement. ..On ne peut rester indifférent en lisant ce récit parce qu'on sait que cette lutte pour des droits , quelques décennies plus tôt les français la menaient , sur leur propre territoire..Rappelons nous des couteliers de Thiers , des canus de Lyon ,des tanneurs de Maringue...et la liste serait longue.
Regardez ! là sur le vieux cliché , les hommes à chapeau , les bourgeois qui posent pour la photo ,leurs épouses sont probablement dans leur demeure et les enfants à l'école en cette heure matinale ...et là ,bien plus nombreux , les hommes à casquette , les ouvriers, un peu en retrait on voit les femmes, et accrochés à leurs jupes leur "marmaille" .
Eux aussi ont fait grêve parce que les femmes et enfants étaient sous payés ,parce que le travail était harassant pour un salaire de misère et qu'il fallait tirer le diable par la queue pour survivre. Les accidents étaient nombreux et laissaient les familles dans le désespoir . Ils essayaient de rendre leur vie de labeur moins douloureuse , ils espéraient une vie meilleur que leurs 14 H 6jours sur 7 pour leurs enfants .
A l'époque du livre l'Afrique occidentale francaise , le soudan où se déroule le recit était la France , et cette différence entre petit peuple et famille plus aisée était marquée ici par la différence de couleur de peau.
C'est tout à fait par hasard que je suis "tombée" sur ce livre parmi d'autres que quelqu'un m' avait donné pour la bibliothèque des ecoliers de Tin essamed ou de l'ecole songhoi de gao . Le livre est bien trop difficile pour des enfants de Moins de 12 ans dont le français en plus ,n'est pas vraiment la langue maternelle. En lisant le nom de l'auteur j'ai remarqué que c'était le même que celui du cinéaste dont je vous ai mis en ligne l'un des films .Alors j'ai ouvert le livre ,...je suis retourné au Mali quand il s'appelait Soudan et j'ai rencontré au fil des pages M Leblanc qui n'est jamais parvenu à se faire comprendre des africains, Sounkaré le gardien ,Bakayoko et tant d'autres....
ENVIE D ACHETER CE BOUQUIN ? CLIQUER SUR LA PHOTO moins de 5€!
.......................................................................................
une précision que je ne pouvais mettre avant que vous ayez vu le film sur les tirailleurs sénégalais , ils ont été 1200 à être ainsi fusillés, dont la moitié étaient de la région qui allait prendre le nom de Mali |