C'est à travers les reportages que l'on apprend à connaitre des choses qui sont eloignées de nous par la distance mais aussi dans notre imaginaire ; les superbes reportages qui nous font apprécier la vie paisible des touaregs par exemple n'ont parfois rien à voir avec la réalité de tous ces hommes appartenant à cette ethnie; c'est comme si on presentait un reportage aux etrangers en disant que tous les français demeurent dans des hotels particuliers.
Des touareg , il en existe des très pauvres , et même si ,en regardant les documentaires vous avez pensé "ils vivent de peu" , cela n'est rien à coté ,parfois ,de la réalité .
Un troupeau d'ovins et de caprins qui s'ébattent dans l'eau d'une petit lac , des arbres qui bordent le point d'eau ...des dromadaires un peu plus loin qui broutent de l'herbe à chameau ...ça c'est le rêve , ou tout du moins les lieux privilégiés où l'on amène certains touristes qui de toutes manieres n'accepteraient pas de payer un sejour , meme s'il est considéré comme voyage équitable, avec un tel retour aux sources !
Lorsque nous sommes partis mon fils et moi au nord mali c'est ce que nous pensions rencontrer ...la réalité en fait nous a sauté à la figure ; le campement au milieu duquel notre 4X4 venait de s'arreter dans un nuage de poussiere n'avait rien , non vraiment rien à voir ...
les riches campement du niger , les superbes paysages du hoggar , ce n'etait pas cela que nous avions devant les yeux .
Pas de point d'eau à proximité , je n'ai d' ailleurs toujours pas compris pourquoi ne pas installer les tentes plus près du puits puisqu'ici ou ailleurs il n'y avait rien que quelques rares arbres rachitiques ;pas de troupeau de dromadaires , 3 bêtes accrochées à leur longe et qui dès le lendemain repartaient du campement auquel donc elles n'appartenaient pas. pas de moutons , quelques dizaines de chevres pour un campement d'une trentaine de personnes.
De belles tentes touareg cousues avec les peaux il n'y en avaient que trois , une pour le chef de famille , les deux autres pour les étrangers comme nous,Elles etaient fort belles d'ailleurs avec à l'interieur de longues franges qui les décoraient .Les 3 autres tentes qui constituaient le campement etaient faites de morceaux de tissus cousus les uns aux autres.
La seule vegetation que l'on pouvait remarquer etaient des boules de la taille d'une orange , dure comme une balle de ping pong ,et que meme les animaux ne peuvent manger à cause de leur amertume , poussant sur de longues lianes courant sur le sol , piquées de quelques feuilles
Pas d'herbe à chameau non plus , l'alpha comme on l'appelle ....rien que du sable mais pas celui que l'on trouve sur les dunes , un sable plus grossier , melé à ces bouts de coque des végétaux qui avaient éclatés
Le puits était à quelque distance , mais là bas non plus , pas de vegetation .
J'aurais aimé y passer une soirée , à l'heure où les animaux sauvages vont se désaltérer , car des animaux, il doit y avoir c'est certain puisque lorsque nous allions chercher de l'eau il nous avait été recommandé de laisser les grandes calebasses remplies mais pas trop près du trou non protégé du puits afin qu'aucun animal assoiffé ne soit tenté de s'en approcher et n'y tombe .
Un animal sauvage , je n'ai eu la chance que dans entrevoir un qui s'est figé sur place lorsque notre 4X4 a brusquement surgit à quelques centaines de metres de lui alors nous revenions d'un campement voisin d' une trentaine de kilometres . Un fenec ,aussi étonné que moi ....le chauffeur ne l'ayant pas même remarqué ne pu voir qu'une forme qui rapidement avait rebroussé chemin et filait vers un abri
On nous raconte aussi que les touareg sont des musiciens et des conteurs nés ....durant notre sejour aucune musique , aucun youyou n'est venu à nos oreilles .Une gamine a eu la gentillesse un soir de me raconter en langue touareg un conte que lui avait raconté son institueur, elle ne parlait pas le français , ni aucune des femmes d'ailleurs et c'est donc notre chauffeur qui m'a traduit l'histoire
Nous avons couché comme les touareg à meme le sable , sous une couverture élimée, et dans le desert il fait froid je peux vous l'assurer , sans savoir comment se tourner pour avoir moins mal .
Quant aux repas , si vous avez lu mon recit vous savez que nous nous sustention juste assez pour ne pas tomber en pamoison ! mon ado a perdu plus de 3 kilos en une semaine .
alors avant de partir à l'aventure avec une agence de tourisme equitable regardez bien entre les lignes ,...savoir que vous versez une somme quand meme consequente comme geste humanitaire d'accord mais verifiez quand meme que vous aurez un minimum!
j'ai vu un reportage l'autre jour sur les clandestins au nord mali , ceux que l'algérie a refoulé et qui donc restent pendant des mois voire des années en attendant de tenter leur chance à nouveau , ils se plaignaient du manque de nourriture et l'un d'eux pensait que l'europe (oui encore elle!) devrait leur faire parvenir le necessaire vital .
C'est leur choix d'avoir quitté leur maison , de ne pas essayer de trouver un travail , bien sûr que c'est triste de voir des gens qui souffrent de la faim ...mais celui qui choisit de fuir c'est triste à dire doit assumer ce choix .
Le touareg qui vit dans son desert ,sans eau à proximité , et qui doit faire du troc en echangeant chèvre contre riz, sucre, thé , sel , se débrouille . Les aider , oui quand c'est dans notre possibilité , les aider à rester dans leur pays , à apprendre à gérer les bienfaits que leur terre peut leur offrir , les aider à construire des puits , à utiliser l'energie solaire ...cela a un coût enorme , et lorsque je lis certains messages dans les forums je m'apercois que les personnes n'ont pas conscience de toute l'aide apportée dans ces pays pauvres par les pays riches , de toute cette corruption qui fait que l'argent n'arrive pas toujours où il devrait . Si vous avez lu l'article du monde sur les achats de voitures de luxe par certains nantis africains vous savez que tout le monde n'est pas pauvre là bas .
ALORS ? changer le monde ? demander plus aux "pays riches (!) " Alors que beaucoup de gens ont du mal à joindre les deux bouts ...
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