La grille du jardin de l'hotel vient de s'ouvrir sur un Touareg. Il porte un boubou d'une couleur de cuivre rouge et un chèche foncé. C'est Moussa qui pour un temps , a quitté son habit bleu. Il s'approche de nous pour nous souhaiter la bienvenue .Son apparition ne perturbe en aucune façon les habitudes des oiseaux : dans un nimier ,un tilabert couve ses oeufs dans un nid traditionnel tandis qu'au dessus de nous un toujoumba (en songhai) superbe oiseau jaune avec application transporte inlassablement quelques nouvelles brindilles pour prefectionner son nid.
Ibrahim ,visage jovial et toujours souriant pénètre à son tour dans le jardin ombragé de l'hotel suivi de près par la jeune femme de l' aéroport. Ibrahim nous la présente et je me souviens avoir lu son nom dans le livre de Moussa: "en collaboration avec Blanche de ... " La "personne" que je découvre là n'a rien à voir avec celle que j' imaginais !
Elle est écrivain ,spécialiste des déserts , nous apprendrons quelques jours plus tard qu'elle est là aussi pour apporter les dernières modifications à son prochain livre "l' éloge du désir"
Nous les laissons à leur discussion , Mossa vient d'arriver et nous propose de découvrir Gao. Notre guide cet après midi s'appelle Sidi ,c'est un cousin de Mossa. En fait ici tout se passe en famille ,l'agence de voyage est celle de Mossa et les guides et chauffeurs ses cousins ...
Gao ne se raconte pas , il faut s'y promener pour la saisir. Une seule route goudronnée traverse la ville ,toutes les autres rues ,aussi larges pourtant sont de sable ,bordées de maisons aux teintes de sables orangé ou plus gris ,de grands murs de même matériau occultent les jardins ,car toute maison possède son jardin pour y élever quelques chèvres ,où pour s'y retrouver, à l'ombre d'un arbre parfois, pour boire les trois thés traditionnels.
Le centre ville ne se prétend pas différent , sinon que s'y regroupent les divers ministères et administrations. Le long des ruelles du marché un bric à brac d'objets se côtoie : des vis , des chaussures ,des tissus ,des plaques de sel...Une petite fille à la peau d'ébène , avec application tresse les cheveux d'une autre enfant ,un bébé s'est assoupi dans le dos de sa maman ,un couturier devant sa machine "singer des années 40 " tire d'un morceau de tissus multicolore un pantalon non moins riche en couleur. Au coin d'une rue, quelques chevres se dressent fièrement sur une montagne d' imondices , cela me remet en mémoire quelque phrase de Daudet parlant le la chèvre de mr Seguin : "et de se voir si haut perchée elle se croit au moins aussi grande que le monde"
Sur les rives du Niger c'est un autre univers grouillant de monde : les femmes lavent leur linge tandis que d'autres font leur toilette dans une eau que nous européen , trouvons boueuse et chargée de détritus.
Au loin des pirogues s'éloignent , chargées de gens, d'animaux .Sur les quais, c'est un mélange de couleurs bigarrées :le bleu des Touareg mais aussi les teintes violines ,indigo,vertes de leurs boubous ,les couleurs acidulées des robes des femmes Bambara ou Songhai. Un petit âne passe près de moi chargé de paille alors que quatre jeunes hommes rentrent des champs ,leurs outils de travail sur l'épaule .
Pour retourner à l' hôtel nous longeons les jardins d'une belle demeure ,les bougainvillées ploient sous les fleurs roses et blanches qui se gorgent de soleil ,un peu plus loin ont été plantés quelques dizaines d'arbres ,bien alignés .Dans quelques années ils offriront une ombre bienfaitrice au promeneurs ,mais aujourd'hui on se prend à penser qu'ils sont bien trop chétifs pour survivre. ...
jcf
retrouvez dans la page 4 du blog le précedent livre de Blanche de Richemond "l'éloge du désert "
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