 La
pirogue glisse lentement sur le fleuve nous entraînant
vers la dune rose qui au loin , se découpe à l'horizon
. Après le brouhaha et l'activité des rives au lieu de
départ des pirogues et pinasses, nous apprécions la
quiétude qui nous entoure . Mossa
nous a confié pour l'après midi à son cousin
Sidi , ce jeune homme
qui nous avait accompagné sur les bords du fleuve le premier
jour..A l'avant du bateau , il écoute sur son mp3 le dernier
tube de Tinariwen , au
centre du bateau a pris place un homme qui se présente comme
un instituteur Songhoi ,
notre guide pour l'après midi je suppose ....En fait passager
"clandestin" mais qui tout au long de la promenade nous a
bercé de ses histoires avec son accent plein de soleil . Alors
que les braises commencent de rougir dans son petit poêle
bleu , car même à bord on nous propose du thé ,
l'instituteur nous rappelle en quelques mots la grandeur passée
de l'empire Songhoi dont
Gao était le
centre le plus important . Parfois il est interrompu par l'envol d'un
héron ou d'une poule d'eau que le passage du bateau trop
proche de la rive a surpris . Au fil de l'eau nous découvrons
la vie des Bozzo
les pêcheurs .Un homme jette au loin son filet tandis que sur
la berge ,devant sa maison de pisé une femme pile le mil. Le
bateau avance au rythme régulier des efforts du piroguier ;il
enfonce une grande perche dans le fond sableux du fleuve , prend son
appui , s' arque-boute
tend ses muscles et le bateau file , aidé par la force
du courant . Sur les rives les paysages et les scènes de vie
se succèdent : ici un plan d'eau couvert de nénuphars ,
ici un endroit dont l'instituteur nous explique que c'est une rizière
à certaines époques de l'année , là un
troupeau de ces vaches si caractéristiques de la région
, là encore des hommes penchés sur le fourrage qu'il
viennent de faucher pour les animaux ... Lentement nous nous
approchons de la dune qui nous paraissait minuscule et se dresse
maintenant imposante au dessus de nous . Elle s'étire vers
l'horizon et s'arrête
net ici au bord de l'eau ...quelques chèvres s'enfuient
lorsque le bateau accoste alors que 2 ânes nonchalants
nous regardent . La montée vers le sommet est un peu raide ,
mais la vue merveilleuse qui nous attend mérite bien ce petit
effort . Le sable est d'une couleur magnifique , d'un beige
rosé et des milliers de petites particules noires accentuent
sa teinte ...j'en récupère un petit flacon qui finira
sa vie dans ma bibliothèque en compagnie du sable de Nubie
, de celui de thaïlande
, celui de guizeh , du
Maroc ,de la Tunisie
, d'une pierre de cappadoce ,
d'une rose des sables ,d'une concrétion de sel venue
du lac Assal ...
Le soleil commence à descendre
et il nous faut rentrer , nous allons naviguer à contre
courant . La pirogue lentement se déhale ...plutôt que
l'inactivité nous choisissons cette fois mon fils et moi de
prendre les pagaies ....nous sommes à mi parcours lorsque le
soleil nous offre un splendide coucher reflété dans
l'eau du fleuve ..nous croisons quelques pirogues débordantes
de ...tout ce qui peut se transporter : personnes , chèvres
, moutons , fourrage ...un enfant nous regarde en souriant , il
s'applique à bien enfoncer la canne au fond de l'eau et
...dans un énorme plouf tombe à l'eau !
Près de nous , les fonds sont très
hauts , à fleur d'eau , et une grue blanche semble
marcher sur la surface du fleuve .
L'instituteur ne comprend pas bien lorsque
la conversation roule vers l'argent et que je lui dis que tout le
monde n'est pas riche en France et que certains ont faim chez nous
aussi . Il me regarde perplexe et me demande: "pourquoi
alors votre pays nous aide au lieu de s'occuper des français
?..."
Le
soleil disparaît à
l'horizon et il fait nuit noire lorsque nous retrouvons la terre
ferme . Le téléphone
portable n'étant
jamais loin ,Sidi
appelle Mossa pour qu'il
vienne nous chercher . Pour remercier l'instituteur dont j'ai enfin
compris qu'il n'était
pas notre guide je lui demande de me vendre un de ces poêles
que tout malien possède et que l'on trouve pour 4 sous au
marché .Mon prix lui convient tout à fait et il
s'empresse d'aller en chercher un . Moins d'un quart d'heure plus
tard Mossa nous dépose
à l'hôtel
où nous retrouvons Blanche qui avec application ...travaille
toujours à son livre. ...rendez vous est pris pour 20H avec
Mossa
jcf
désolée peu de photos elles sont encore dans les appareils ! que n'ai je un appareil numérique!!!! |