| jeudi 19 avril 2007, a 16:07 |
| "family team" nous raconte :quelques jours à Taboye |
" Family Team" est arrivée à Taboye quelques jours avant nous ,avec la caravane du coeur , Une fête était organisée à l'occasion de leur arrivée . De notre côté nous ne sommes restés qu'un jour à Taboye , Nathalie a donc la gentillesse de partager avec nous et donc vous (!)ce que je n'ai pas eu le plaisir de voir ou de vivre .Je lui laisse la plume ... « Les enfants du sable »:
Le 23 février nous arrivions au campement Touareg de Taboye. Une centaine de paires d’yeux vint se plaquer aux vitres crasseuses de nos véhicules enfin immobilisés, curieux de découvrir les visages des toubabs venus soutenir leur cause. L’attroupement compact se relâcha un peu le temps que chacun de nous prenne la bouffée d’oxygène nécessaire à la prise de conscience d’être parvenu enfin à destination. Puis elle se resserra à nouveau autour de Moussa pour assister à ses retrouvailles avec Ibrahim son frère et Mossa, son cousin.
Moussa rentrait au pays cette fois accompagné de ses amis français à qui la route ensablée depuis Tombouctou, avait donné un teint local. Le fourgon conduit par Julian et Stephane et qui devait servir pour le ramassage scolaire des enfants de l’école des sables était arrivé déjà depuis deux jours. Moussa et Carole apportaient un Hilux, Meggie et Alex un Runner, deux Toyota qui serviraient d’ambulance. Le nôtre serait parké à Bamako pour faciliter nos prochaines escapades africaines mais il nous appartenait de sécuriser le parcours de la Caravane du coeur, compte tenu de notre expérience en la matière (mécanique, CB, GPS …). Chacun avait donc rempli sa mission de convoyage.
Munis de nos torches, nous, les 11 caravaniers, nous installâment avec nos duvets, par paquet, n’importe où, dans la tente bambara décorée de guirlandes de laine qui nous était attitrée jusqu’à la fin du séjour. Nos enfants, Melody et Bastien s’endormirent sous le dôme de natte qui leur rappelait la voûte céleste de nos régulières soirées bivouac à la belle étoile. Alors que les conversations en Tamacheq * et les bêlements des chèvres qui se poursuivaient à l’extérieur me berçaient, je repensais au parcours et au carnet de voyage que quotidiennement j’alimentais avant de boucler une journée. Destination finale. Taboye – nord Mali. Nous finissions par ne plus penser à notre but tant le nombre de kilomètres depuis Montpellier nous avait fait passer la patience de les compter. Combien en fait ? En 17 jours plus de 9000 si l’on ajoute le détour par Bamako pour répondre à la demande des journalistes de nous faire participer à une conférence de presse et la remontée par Tombouctou pour faire connaissance avec les touaregs de la Caravane de la Paix. Une longue route qui, au moment de l’arrivée, se mesurait d’un coup.
Comme à l’accoutumée, nous nous levâmes à 6 heures au rituel des 3 thés pour les adultes et de la vache Qui Rit pour nos enfants. Mais ce matin était différent car il régnait l’effervescence du festival organisé à notre attention. Les boubous Songhoï et peuls étaient moins nombreux. Des touaregs étaient arrivés en renfort avec leurs gandourah bleu indigo, leurs bijoux et leurs sabres, sur le dos de leurs chameaux et leurs chevaux parés pour la course. Leurs femmes avaient formé un cercle serré et en frappant des mains chantaient pour obtenir la transe indispensable au signal du départ. Melody et Bastien s’agrippaient à moi pour courir par vague avec la foule entre les dangereux buissons d’acacias et au rythme du vent sahélien qui nous piquait les yeux. Bernard perché sur notre véhicule pestait en tentant de dégripper l’appareil photo qui avait trop mangé de sable. Puis Moussa revint et fit grimper Bastien sur son chameau et ils filèrent tous deux dans le paysage rejoindre les guerriers.
* langue Touarègue
Le moment était symbolique. Je les revoyais, le jour du départ, Place de la Comédie à Montpellier, alors que Gérard Klein, le parrain de notre association les filmait justement sur un chameau mais en train de faire le tour des 3 grâces. Ce furent beaucoup de souvenirs qui se bousculaient en fait. Un sentiment étrange de « fierté » d’avoir effectivement participé à un véritable périple humainement utile et la « honte » de m’être sentie désoeuvrée malgré et à cause de l’ampleur des besoins. Mission accomplie mais avions nous tant fait ? Si peu que je n’avais plus rien à faire qu’à me lancer ensevelir. Tant à faire pour que ce peuple du désert millénaire puisse nomader quelques années de plus.
Dans quelques jours nous ferons circuler le grand bâton des palabres de main en main afin que chacun de nous s’exprime sur le parcours qui l'a amené à partager avec les autres cette aventure, cette « caravane humaine ». Je n’ai pas grand-chose à dire au groupe ni aux touaregs. J’ai au fond de moi cette image de mon fils se promenant dans le désert avec un homme bleu qu’il considèrent désormais de sa famille, qui lui a fait connaître le goût du lait de chamelle coupé à l'eau du puits, des dattes au fromage de chèvre et des fleurs d’acacia, à manger des spaguettis-sauce-tomate dans un plateau unique pour dix personnes et avec les doigts, à dénicher des gerboises dans les dunes, des oiseaux à minuit, à dormir sur une peau de mouton… La confiance que Moussa lui a accordé en lui donnant la responsabilité du micro de RFI (Radio France internationale) et des interviews pour la télé et la capacité de Bastien à accompagner Moussa « le berger Touareg » dans la préservation de ce mode de vie si austère et si riche à la fois.
Le lendemain les femmes avaient démonté les belles mais lourdes tentes nomades en vélum de cuir rouge et la plupart des invités du désert avaient levé le camp. Face à notre tente-tortue de nattes tressées, un puits, quatre murs pour le coin toilette et deux bâtisses en banco délimitaient l’horizon de sable. L’une était la maison d'Ibrahim, le Directeur de l’Ecole des Sables avec un auvent où fumait des marmites, appelées « restaurant scolaire » et l’autre servant de dortoir aux petits pensionnaires de l’école. Sur la gauche nous découvrions la bibliothèque où nous avons fait connaissance avec trois membres de la fondation Club Med venus confectionner les rayonnages et peindre sur les murs quelques règles utiles à la conservation des ouvrages qu’ils ont apportés "Se laver les mains avant d'utiliser un livre, le remettre à sa place en fonction des couleurs etc... Du campement au village de Taboye il fallait traverser une étendue de aride et poussièreuse en suivant le chemin des écoliers. Au bout, un bloc dont les murs de pisé possédait des fenêtres condamnées par des planches et quatre classes à visiter. Melody, ma fille fût impressionnée par la petitesse de la première classe et l’empressement des 60 enfants Songhoï présents à se lever à notre arrivée. Mamadou, l’enseignant, convia instantanément mes enfants, Carole, Max et moi même à la dictée du jour dont le titre était « Mes vacances à Kayes » puis proposa à Bastien d’intégrer jusqu’à la fin de notre voyage sa classe de CM2 – ce que j’acceptais sous l’empressement de celui-ci. Je suivais alors Melody dans les autres classes où cette fois nous rencontrions les élèves touaregs de l’école des Sables beaucoup moins nombreux (38 au total) dans leurs tuniques bleues sagement installés à leurs tables-banc. L'institutrice malienne était en peine pour apprendre le français à la classe des plus petits dont elle s’occupait car elle ne parlait ni la langue Tamasheq ni ne savait calligraphier l'alphabet Tifinagh de leur tribu. Dans la seconde classe d’autres gamins attendaient devant un tableau noir et un texte sans faute. Leur professeur souffrant était hospitalisé à Bamako – Il est malheureusement décédé depuis. Enfin, dans la dernière classe les grands avec qui nous prenons le temps d’échanger longuement sur le thème de l’hygiène dans les campements – Au dessus de la porte une mention indiquait « le travail libère l’homme ». Ils étaient seuls car Ibrahim leur professeur était occupé à sa tâche de Directeur qu’il assume aussi. Nous découvrions un système scolaire particulier. Par exemple, la méthode d’enseignement d’Ibrahim est inspirée de celle pour les personnes sourdes ou mal entendantes associant le dessin (l’écriture) et le mot prononcé (son). Les enfants des familles nomades peuvent devenir pensionnaires de l’école à tout moment, quelque soit leur âge et sur des durées variables. Il convenait effectivement d’adapter l’enseignement mais aussi de procurer une motivation scolaire à ces enfants pour qui aller à l’école c’est quitter la famille et parfois l’aide qu’on lui apporte. Ainsi nous découvrions que les horaires n’étaient pas fixes et que les présences n’étaient pas pointées, que pour responsabiliser les enfants on préférait leur donner de l’autonomie et préserver leur liberté.
Je faisais la vaisselle avec du sable puis chauffer l’eau pour préparer l’une de nos spécialités de baroude « soupe chinoise iophilisée ». Blanche, auteure de « l’éloge du désert » me soutenait dans ma lourde tâche tout en me racontant son dernier reportage en Afghanistan auprès de trafiquants d’armes talibans et son expérience en matière d’escalade de cathédrales à main nues. Elle interrogeait Bernard sur le « concept » d’aventure en famille et Bernard la rassurait. Les enfants avaient une capacité d’adaptation et une conception du monde extraordinairement positive ! Blanche viendra chez nous, sous la tente berbère que nous avons installé dans notre jardin montferrierain préparer son prochain bouquin « l’éloge du désir » avec la quiétude que son aventure ne s’arrêtera pas avec la fin de son cébibat. Puis Bernard répara la CB dont il avait équipé la future ambulance. Il vérifia sur son ordi de bord les cartes satellites concernant le parcours du lendemain pour le campement nomade de N’Tamat où ne devions être reçu par le père de Moussa. C’est du boulot tout ça. Carole, l’infirmière de la caravane, convertie à l’islam, était partie faire sa prière. Elle donnait tant. Au plan médical Carole devait prendre des décisions importantes : Une cantine pédiatrique devait être laissée à l'école des sables avec garantie d’une prescription après consultation afin que les « remèdes » ne soient ni revendus à la sauvette sur le marché de Taboye ou de Gao, ni délivrés en dépit du bon sens. Elle ne savait pas encore qu’elle allait obtenir la promesse deux semaines plus tard du Directeur Général de la santé du Mali en personne qu’un infirmier et un matrone traditionnelle seraient délégués pour le centre de Moudette où les 3 autres cantines de médicaments devaient être déposées. Carole, et ses messages à la CB : « La caravane avance » « Tout est juste et bien » … Je veux qu’elle sache que je ne crois pas en son Dieu mais que je trouve qu’il est grand et qu’elle aussi. Cette fille est extraordinaire.
Bastien s’installa sur la natte. Il raconta à Moussa son contrôle scolaire sur le paludisme. Puis Moussa, comme chaque soir, lui offrit un nouveau conte africain qu’il lui mima, une peau de mouton sur la tête en courant autour du feu et Bastien était fasciné. Il préparait plusieurs livres dont certains seraient illustrés par Melody qui ne cessait pas de dessiner tout ce qu’elle voyait. Melody qui ce soir était dans les dunes, sous la lune, avec Arnaud, un ado de 15 ans venu en « touriste équitable » se plonger avec sa mère dans la culture du désert. Max, notre webmaster envoyé par la succession Saint Exupéry posait mille questions aux enfants à qui le lendemain nous allons remettre lors d’une cérémonie le matériel scolaire, les livres, les couvertures et les médicaments offerts en France et en Espagne. Meggy et Alex, les cameramen du groupe étaient allés faire une ballade au bord du fleuve Niger. Ils n’étaient pas rentrés et devaient sans doute partager les 3 thés quelque part. Stephane et Julian découvraient les photos du parcours. C’était pour ces 4 là le premier voyage en Afrique et curieusement autant ils s’expriment peu, autant ils ne paraissaient pas fatigués. Là où certains auraient été saoulés par les pannes, les détours inutiles, les repas sautés, les nausées (dues aux traitements antipaludéens) agacés par les piqûres (quand même) d’insectes en tout genre, les griffures d’acacia pour cause de bivouacs trop rapides, excédés par les innombrables attentes aux postes de contrôles à résister aux tentatives de corruptions et de racket – d’autres, comme eux, restaient zen, presque contemplatif devant l’austérité du désert à se remémorer la route et le bonheur des enfants de l’école des Sables– A chaque kilomètre parcouru sur cette terre autant de distance faite en soi ? Sans aucun doute.
Nous avons quitté le Mali et ses 40 degrés alors que nous n’étions qu’au début de saison sèche. Depuis nous avons appris que plusieurs vies avaient déjà été sauvées grâce aux véhicules que nous avons laissés là-bas. Que notre volonté soit capable d’avancer aussi vite que le désert à présent ! Inch’Allah.
Nathalie Valera Gil
note : dans son récit ,Nathalie nous dit que leur vehicule reste à Bamako pour leurs prochains périples,vous avez bien compris qu'ils parlent de leur vehicule personnel bien entendu !
Arnaud et moi n'avons eu le plaisir de les cottoyer deux petits jours ,nous les avons retrouvé à Taboye ,nous avons avec eux connu le bivouac sous les etoiles et le premier jour au campement touareg qu'ils ont quitté en fin d'après midi .dommage!
photo: bastien et Moussa ...oui oui bastien c'est lson jeune fils dont Nathalie vous parle! et qui a pris le micro à RFI |
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| Présentation |  TANNEMERT , cela signifie MERCI en langue TAMACHEQ , la langue de ces hommes bleus que nous appelons " TOUAREG" (eux preferent kel tamacheq celui qui appartient au tamacheq) , Merci, d'être venu sur mes pages pour découvrir, mieux connaitre ou simplement retrouver un peu de cette magie que sait nous faire découvrir cette region de l' Afrique de l'ouest
Au fil des mois mon blog a dû evoluer :Le "fil rouge" a été ce peuple touareg que l'on retrouve dans plusieurs pays Le Mali , l'Algerie ,le Niger , le Burkina faso,la Libye...ce peuple nomade de coeur mais souvent sedentaire par les aléas de la vie partage le même sable que de nombreuses autres ethnies que j'essaye de vous faire rencontrer à travers leur musique , leur histoire,leur art....
J'ai eu envie de parrrainer quelques écoliers à gao , aider quelques gamins de gao , pour le materiel scolaire ou en ces moments de famine peut etre quelques céréales .
...
j'ai dû ecrire aussi des articles "hors sujets" afin de plus étoffer ce blog , pardon pour cette école buissonière !
En decouvrant ce pays vous aurez peut etre envie de participer , sans qu'il ne vous en coute un sou ,mais seulement quelques nouvelles habitudes,à mon micro projet "aide aux ecoliers du coté de Gao".(quelques articles y sont consacrés ou voir la page de garde de TANNEMERT lien dans mes autres blogs préférés) .
Ce blog à travers divers articles que j' écris , vous permettra peut être de mieux comprendre ces peuples le Mali principalement ...et ce qui tourne autour de la vie de cette region de l'afrique
Certains de mes articles s'adressent aux plus petits avec des jeux ou des liens vers des pages web consacrées à la vie en afrique .
MUSIQUE , LIVRES, VIDEO ,mon carnet de voyage ,PAGES D' HISTOIRE,JEU VIDEO GRATUIT SUR LE SUJET DE L HUMANITAIRE ...j'espère que vous trouverez tout ce que vous souhaitez
un dernier petit mot avant de vous quitter:
GLOBEONTHEBLOG blog associé à mon projet vos parle de mes autres voyages et coups de coeurs.TANNEMERT jumeau de awanekkinnan permet de mettre en ligne des fichiers impossible à enregistrer ici , Ces deux blogs (TANNEMERT ET GLOBEONTHEBLOG)portent les bannieres et logos des partenaires qui reversent un pourcentage de vos achats au projet "ecolier du cote de gao" (pour ce faire VOUS DEVEZ ABSOLUMENT PASSER PAR CES LIENS)
les pub que vous trouvez au dessus du nom du blog ou ci dessous ne sont pas des partenaires , mais un clic est rémunérateur !
merci de ne pas utiliser les photos sans autorisation ;le nom des photographes est mentionné
petit rappel en cliquant ci dessous c'est moi (josyane-catherine) que vous contactez , pas un des auteurs dont je vous parle ,mais auxquels je fais suivre les mails sans probleme si vous le souhaitez
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| commentaire(s) | pour patienter Lily in the Middle (05/11/2008 22:11)Bonjour,
apparemmen... |
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