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AWANEKKINNAN berberes, touareg et bédouins Afrique de l'ouest et Tunisie
dimanche 24 février 2008, a 11:07
PREMIER VOYAGE AU MALI .UN AN DEJA
 

c'est fou comme le temps passe , il y a un an déjà , mon fils de 15 ans  et moi bouclions nos bagages pour notre premier voyage vers le MALI.

Nous devions rejoindre un ami pour un voyage "tourisme equitable " dans sa famille :d'abord dans un village où vivaient des touareg sedentaires puis dans un campement . Un bref sejour de quelques heures à Gao , lieu de depart et d'arrivée de notre periple , nous permettrait de jeter un autre regard sur l'afrique 

Le médecin en souriant m'avait dit "j'arrete là la liste de toutes les maladies que vous pouvez croiser au Mali"

La page diplomatique sur le web du ministere n'avait pas changé ses info depuis 2004 :"il est préférable d'eviter de se rendre dans le nord du Mali"

....Les rebelles touareg venaient dans la semaine d'accepter de déposer les armes

....Moussa , notre ami , écrivain touareg vivant en France nous avait affirmé que tout était calme dans le pays

 ....le billet etait dans mon sac , le passeport venait de revenir de l'ambassade avec le visa , notre carnet de vaccination international portait la mention "fievre jaune" depuis moins de 10 ans ...tout etait donc prêt pour que nous bouclions nos valises..

Enfin , à vrai dire pas tout ! Moussa devait nous contacter dès son arrivée au Mali quelques jours avant notre propre arrivée , et devait par la même occasion nous confirmer que tout était OK pour notre séjour or depuis quelques jours c'etait le silence radio et pendant le mois precedent jamais il n'avait parlé de ce "petit " détail ! c'est donc un peu stressée je l'avoue que je fourais mes affaires dans nos sacs de voyage.

"pas besoin d'apporter de vêtements pour les enfants là bas " m'avait il affirmé "les touareg ont tout ce qu'il faut .

J'avais quand même réuni quelques jeux pour les 60 enfants de l'ecole des sables située à Taboye , pas de materiel scolaire puisque Moussa avait prévu de l'apporter lui meme avec l'association qu'il venait de créer .

"Tout sera organisé" avait il dit ...je rejetais dans un coin de la chambre nos sacs de couchage , inutile de charger nos sacs pour rien ! et glissait à la place quelques vetements de jeune enfants et quelques bouqins " cela fera peut etre plaisir à quelqu'un "

En fait nous partions sans bien savoir où nous allions, "Taboye "n'existe pas sur les cartes google ni sur les bons vieux atlas ! et  Moussa ne m'avait rien dévoilé de son village ...

Si l'egypte , la tunisie , le maroc n'ont plus guère de secrets pour nous ,nous allions arriver dans ce pays , comme lorsque l'on ouvre pour la premiere fois un atlas : sans rien savoir d'autre que de vagues souvenirs d'école .

D'un clic retrouvez mon recit de voyage

dimanche 10 février 2008, a 09:46
CAMPEMENT TOUAREG pauvrete au mali
 

C'est à travers les reportages que l'on apprend à connaitre des choses qui sont eloignées de nous par la distance mais aussi dans notre imaginaire ; les superbes reportages qui nous font apprécier la vie paisible des touaregs par exemple n'ont parfois rien à voir avec la réalité de tous ces hommes appartenant à cette ethnie; c'est comme si on presentait un reportage aux etrangers en disant que tous les français demeurent dans des hotels particuliers.

Des touareg , il en existe des très pauvres , et même si ,en regardant les documentaires vous avez pensé "ils vivent de peu" , cela n'est rien à coté ,parfois ,de la réalité .

Un troupeau d'ovins et de caprins qui s'ébattent dans l'eau d'une petit lac , des arbres qui bordent le point d'eau ...des dromadaires un peu plus loin qui broutent de l'herbe à chameau ...ça c'est le rêve , ou tout du moins les lieux privilégiés où l'on amène certains touristes qui de toutes manieres n'accepteraient pas de payer un sejour , meme s'il est considéré comme voyage équitable, avec un tel retour aux sources !

Lorsque nous sommes partis mon fils et moi au nord mali c'est ce que nous pensions rencontrer ...la réalité en fait nous a sauté à la figure ; le campement au milieu duquel notre 4X4 venait de s'arreter dans un nuage de poussiere n'avait rien , non vraiment rien à voir ...

les riches campement du niger , les superbes paysages du hoggar , ce n'etait pas cela que nous avions devant les yeux .

Pas de point d'eau à proximité , je n'ai d' ailleurs toujours pas compris pourquoi ne pas installer les tentes plus près du puits puisqu'ici ou ailleurs il n'y avait rien que quelques rares arbres rachitiques ;pas de troupeau de dromadaires , 3 bêtes accrochées à leur longe et qui dès le lendemain repartaient du campement auquel donc elles n'appartenaient pas. pas de moutons , quelques dizaines de chevres  pour un campement d'une trentaine de personnes.

 De belles tentes touareg cousues avec les peaux il n'y en avaient que trois , une pour le chef de famille , les deux autres pour les étrangers comme nous,Elles etaient fort belles d'ailleurs avec à l'interieur de longues franges qui les décoraient .Les 3 autres tentes qui constituaient le campement etaient faites de morceaux de tissus cousus les uns aux autres.

La seule vegetation que l'on pouvait remarquer etaient des boules de la taille d'une orange , dure comme une balle de ping pong ,et que meme les animaux ne peuvent manger à cause de leur amertume , poussant sur de longues lianes courant sur le sol , piquées de quelques feuilles

Pas d'herbe à chameau non plus , l'alpha comme on l'appelle ....rien que du sable mais pas celui que l'on trouve sur les dunes , un sable plus grossier , melé à ces bouts de coque des végétaux qui avaient éclatés

 

Le puits était à quelque distance , mais là bas non plus , pas de vegetation .

J'aurais aimé y passer une soirée , à l'heure où les animaux sauvages vont se désaltérer , car des animaux, il doit y avoir c'est certain puisque lorsque nous allions chercher de l'eau il nous avait été recommandé de laisser les grandes calebasses remplies mais pas trop près du trou non protégé du puits afin qu'aucun animal assoiffé ne soit tenté de s'en approcher et n'y tombe .

Un animal sauvage , je n'ai eu la chance que dans entrevoir un qui s'est figé sur place lorsque notre 4X4 a brusquement surgit à quelques centaines de metres de lui alors nous revenions d'un campement voisin d' une trentaine de kilometres . Un fenec ,aussi étonné que moi ....le chauffeur ne l'ayant pas même remarqué ne pu voir qu'une forme qui rapidement avait rebroussé chemin et filait vers un abri

 

On nous raconte aussi que les touareg sont des musiciens et des conteurs nés ....durant notre sejour aucune musique , aucun youyou n'est venu à nos oreilles .Une gamine a eu la gentillesse un soir de me raconter en langue touareg un conte que lui avait raconté son institueur, elle ne parlait pas le français , ni aucune des femmes d'ailleurs et c'est donc notre chauffeur qui m'a traduit l'histoire

 

Nous avons couché comme les touareg à meme le sable , sous une couverture élimée, et dans le desert il fait froid je peux vous l'assurer , sans savoir comment se tourner pour avoir moins mal .

 

Quant aux repas , si vous avez lu mon recit vous savez que nous nous sustention juste assez pour ne pas tomber en pamoison ! mon ado a perdu plus de 3 kilos en une semaine .

alors avant de partir à l'aventure avec une agence de tourisme equitable regardez bien entre les lignes ,...savoir que vous versez une somme quand meme consequente comme geste humanitaire d'accord mais verifiez quand meme que vous aurez un minimum!

 

j'ai vu un reportage l'autre jour sur les clandestins au nord mali , ceux que l'algérie a refoulé et qui donc restent pendant des mois voire des années en attendant de tenter leur chance à nouveau , ils se plaignaient du manque de nourriture et l'un d'eux pensait que l'europe (oui encore elle!) devrait leur faire parvenir le necessaire vital .

C'est leur choix d'avoir quitté leur maison , de ne pas essayer de trouver un travail , bien sûr que c'est triste de voir des gens qui souffrent de la faim ...mais celui qui choisit de fuir c'est triste à dire doit assumer ce choix .

Le touareg qui vit dans son desert ,sans eau à proximité , et qui doit faire du troc en echangeant chèvre contre riz, sucre, thé , sel , se débrouille . Les aider , oui quand c'est dans notre possibilité , les aider à rester dans leur pays , à apprendre à gérer les bienfaits que leur terre peut leur offrir , les aider à construire des puits , à utiliser l'energie solaire ...cela a un coût enorme , et lorsque je lis certains messages dans les forums je m'apercois que les personnes n'ont pas conscience de toute l'aide apportée dans ces pays pauvres par les pays riches , de toute cette corruption qui fait que l'argent n'arrive pas toujours où il devrait . Si vous avez lu l'article du monde sur les achats de voitures de luxe par certains nantis africains vous savez que tout le monde n'est pas pauvre là bas .

ALORS ? changer le monde ? demander plus aux "pays riches (!) " Alors que beaucoup de gens ont du mal à joindre les deux bouts ...

 

lundi 16 juillet 2007, a 20:17
LA DUNE ROSE .DUNE DE KOIMA.beauté du mali , merveille de gao
 

  La chaleur nous enveloppe encore en ce milieu d'après midi , les heures s'égrènent lentement dans cette torpeur qui peu à peu nous envahit à cause de notre inaction.

Le grincement du portail de fer du jardin de l'hotel ...et  j 'accueille avec un sourire Mossa qui nous rejoint pour notre escapade à la dune rose , dune de Koima qui se decoupait à l'horizon , face à gao , alors que nous déambulions sur le bord du fleuve Niger ,le jour de notre arrivée.

Je vous ai fait partager dans mon recit ces moments privilégiés ,vous avez vu dans ma vidéo ces paysages qui déroulaient leur beauté sous nos yeux.Envol d'un heron ou d'une poule d'eau ,coucher de soleil sur le niger . Vous avez avec nous profité du silence de ces lieux ,troublés seulement par le glissement de la coque de la pirogue sur l'eau , ou par l'interjection d'un autre piroguier interpellant quelqu'un.

Nous etions début mars et la nature avait repris ses droits sur les rives du fleuve. Les champs de riz avaient produit ce qu'ils devaient et étaient au repos pour quelques mois.

vous avez ecouté avec moi Abdoulaye l'instituteur Songhoi ...

il me disait dans son dernier mail que la pluie qui en cette saison est déjà arrivée tarde sur la region , la voie que nous avons utilisé pour aller à la dune , cette longue promenade en pirogue ou en punasse se fait ces temps ci à pieds secs.A gao c'est l'hivernage , et les gens ont commencé à cultiver , à planter le riz dans les champs.

et n'oubliez pas que les mots soulignés sont des liens....

vendredi 20 avril 2007, a 12:11
du coté de Gao la fin du voyage
 

  aujourd'hui ,la vidéo un peu plus longue, est enregistrée sur dailymotion.

vous avez déjà vu les premieres minutes ,c'est la promenade en pinasse vers la Dune Rose mais j'ai pensé qu'il vallait mieux ne pas reprendre en cours .j'espère quoique vius soyez peu nombreux à laisser des commentaires que vous avez apprécié ce voyage et que mon récit et mes images vous donneront envie un jour d'aller du coté de Gao ....

 

si les textes vous ont plu vous pouvez voter pour mon récit sur mon carnet de voyage .vote autorisé chaques jours...cliquer sous les articles sur" voter pour la note"

http://tannemert.blogs-de-voyage.fr/

vous avez préféré les photos ...sur "tannemert" vous trouverez un diaporama en ligne  ...pour voter :même lien ,categorie différente....

je compte un peu ...beaucoup ....sur vous!

oupsss je viens de regarder le debut de la vidéo. la ballade c'est en pirogue et non en pinasse ,la pinasse est une pirogue à moteur....je crois que pendant que je faisais le montage j'etais ailleurs...sous le soleil du Mali je crois....

 



jeudi 19 avril 2007, a 15:09
"du cote de gao" episode 4
 

  à la rencontre des enfants songhai de Taboye ...

 



mardi 17 avril 2007, a 16:34
DU COTE DE GAO EPISODE 3
 

  aujourd'hui la vidéo n'est que le projet. je dois changer les morceaux de musique et rajouter des photos qui sont encore dans les appareils sur pellicule. mais la vidéo de la suite est déjà presque achevée...vous reviendrez sur la vidéo définitve en temps voulu ,encore un peu de patience...



lundi 16 avril 2007, a 11:07
du coté de Gao épisode 2
 

  petit matin Sur gao ...et direction le campement touareg !



samedi 07 avril 2007, a 09:46
dernière page du journal de voyage pour la region de Gao au nord du Mali
 

  Il est 21H30 nous sommes lundi soir , l' aéroport de Marseille est pratiquement désert ,et nos bagages viennent de surgir sur le tapis roulant .Les vacances sont finies mais il nous reste les photos ,les souvenirs ,les adresses de nouveaux amis griffonnées sur des bouts de papier ,que l'on a gardé précieusement au fond de nos poches... L'avion a pris son envol en fin de matinée sur la piste de Gao ,le voyage interminable et lui aussi avec quelques imprévus , nous a ainsi laissé le temps de penser à ces derniers moments passés sur ce bout de terre africaine. Hier , en fin d'après midi, Mossa nous a invité à venir chez lui partager un thé avec les gens de la caravane du coeur .Arrivés la veille au soir ils avaient passé la nuit chez lui. Autour de la théière bleue ,dans son jardin ,nous avons bavardé ,mais rapidement la nuit est tombée et après un moment passé dans la pénombre ,alors que plusieurs fauteuils s étaient vidés nous avons proposé que quelqu'un nous raccompagne pour rejoindre Blanche restée seule à l' hôtel . Nous devions nous retrouver un moment plus tard dans un restaurant non loin de l'embarcadère des pinasses, car les 3 club med et Maximillian avaient choisi la descente du Niger de Taboye à Gao et devaient nous rejoindre. Ils avaient embarqué vers 8H ce matin et la "croisière " dure en général  4H ,les moteurs des pinasses n'étant guère puissants ,et permet souvent de voir quelques hippopotames. La soirée étant bien avancée ,nous supputons le fait qu'ils ont certainement de nouvelles aventures  à nous dévoiler ! Et de fait ..mais laissons à ceux qui le souhaiteront le soin de nous raconter... Après le repas qui nous réunit donc tous autour d'une grande tablée chacun repartit vers son gîte. Je dois avouer que le pittoresque du resto de la veille était remplacé là par une froideur très  impersonnelle .  Et à tous ceux qui pensent :"moi ,quand je bois une boisson gazeuse dans un pays comme cela je ne prends que des bouteilles cachetées!je dirai simplement que je  viens de recevoir une vidéo tournée au Maroc qui me fait mieux comprendre pourquoi les 2 personnes avec lesquelles j'ai partagé ma bouteille ont été malades !" Maximillian , Blanche , Arnaud et moi avons choisi de rentrer à pied ,visiter Gao by night à la seule lumière des étoiles puisqu'il n'y a aucun réverbère bien entendu et qu'un lampe de poche n'éclaire goutte était un moment à ne pas rater. D'un bon pas ,car "c'est pas à côté !" nous avait on prévenus...nous nous sommes dirigés vers l' hôtel ,croisant quelques voitures ,quelques mobylettes et une voiture de police qui patrouillait dans une ville au demeurant très calme ..des promeneurs aussi car même à cette heure avancée de la nuit les villes africaines son rarement endormies... Et puis le lendemain est arrivé...petit déjeuner avalé,on a bouclé nos bagages et attendu l'arrivé du 4X4 qui devait nous accompagner à l' aéroport ... Dans le hangar se pressaient les derniers voyageurs de la saison. Quelqu'un nous faisait de grands gestes là bas accroché aux barrières. Le gentil Ali tentait une dernière fois de nous faire craquer pour un "superbe" pyjama bariolé ... Il ne faut pas 10H pour venir de Gao êtes vous entrain de penser...disons que nous devions passer par Mopti .Là l'escale a duré plus longtemps que prévu ,le commandant de bord nous expliqua plus tard que l' équipage ne serait pas en mesure d'offrir thé ou café car ils n'avaient pu avoir d'eau potable à Mopti , dans ce pays en majorité musulman on nous offrit donc pour le repas du vin pour ceux qui le souhaitaient et un sandwich au jambon... Quant au carburant ,étant donné la chaleur à Mopti le plein n'avait pu être fait ,nous avons fait escale en Algérie....  Algérie ....et si la prochaine fois nous allions à la rencontre des Touareg du hoggar ?!... mais retourner au nord du Mali me tente aussi .

Le journal de voyage devra attendre quelques mois avant que je tourne à nouveau ses pages ...

 

d'autres photos viendront bientôt

 

un peu de musique malienne ?



vendredi 30 mars 2007, a 11:02
LA DUNE ROSE, PERLE DE GAO ,SPLENDEUR DU MALI
 

La pirogue glisse lentement sur le fleuve nous entraînant vers la dune rose qui au loin , se découpe à l'horizon . Après le brouhaha et l'activité des rives au lieu de départ des pirogues et pinasses, nous apprécions la quiétude qui nous entoure . Mossa nous a confié pour l'après midi à son cousin Sidi , ce jeune homme qui nous avait accompagné sur les bords du fleuve le premier jour..A l'avant du bateau , il écoute sur son mp3 le dernier tube de Tinariwen , au centre du bateau a pris place un homme qui se présente comme un instituteur Songhoi , notre guide pour l'après midi je suppose ....En fait passager "clandestin" mais qui tout au long de la promenade nous a bercé de ses histoires avec son accent plein de soleil . Alors que les braises commencent de rougir dans son petit poêle bleu , car même à bord on nous propose du thé , l'instituteur nous rappelle en quelques mots la grandeur passée de l'empire Songhoi dont Gao était le centre le plus important . Parfois il est interrompu par l'envol d'un héron ou d'une poule d'eau que le passage du bateau trop proche de la rive a surpris . Au fil de l'eau nous découvrons la vie des Bozzo  les pêcheurs .Un homme jette au loin son filet tandis que sur la berge ,devant sa maison de pisé une femme pile le mil. Le bateau avance au rythme régulier des efforts du piroguier ;il enfonce une grande perche dans le fond sableux du fleuve , prend son appui , s' arque-boute tend ses muscles et le bateau  file , aidé par la force du courant . Sur les rives les paysages et les scènes de vie se succèdent : ici un plan d'eau couvert de nénuphars , ici un endroit dont l'instituteur nous explique que c'est une rizière à certaines époques de l'année , là  un troupeau de ces vaches si caractéristiques de la région , là encore des hommes penchés sur le fourrage qu'il viennent de faucher pour les animaux ... Lentement nous nous approchons de la dune qui nous paraissait minuscule et se dresse maintenant imposante au dessus de nous . Elle s'étire vers l'horizon et s'arrête net ici au bord de l'eau ...quelques chèvres s'enfuient lorsque le bateau accoste alors que 2 ânes nonchalants nous regardent . La montée vers le sommet est un peu raide , mais la vue merveilleuse qui nous attend mérite bien ce petit effort . Le sable est d'une couleur magnifique  , d'un beige rosé et des milliers de petites particules noires accentuent sa teinte ...j'en récupère un petit flacon qui finira sa vie dans ma bibliothèque en compagnie du sable de Nubie , de celui  de thaïlande , celui de guizeh , du Maroc ,de la Tunisie , d'une pierre de cappadoce , d'une rose des sables ,d'une concrétion de sel  venue du lac Assal ...

 Le soleil commence à descendre et il nous faut rentrer , nous allons naviguer à contre courant . La pirogue lentement se déhale ...plutôt que l'inactivité nous choisissons cette fois mon fils et moi de prendre les pagaies ....nous sommes à mi parcours lorsque le soleil nous offre un splendide coucher reflété dans l'eau du fleuve ..nous croisons quelques pirogues débordantes de ...tout ce qui peut se transporter  : personnes , chèvres , moutons , fourrage ...un enfant nous regarde en souriant , il  s'applique à bien enfoncer la canne au fond de l'eau et ...dans un énorme plouf tombe à l'eau !

Près de nous , les fonds sont très hauts , à fleur d'eau , et une grue blanche semble marcher sur la surface du fleuve .

L'instituteur ne comprend pas bien lorsque la conversation roule vers l'argent et que je lui dis que tout le monde n'est pas riche en France et que certains ont faim chez nous aussi . Il me regarde perplexe et me demande:  "pourquoi alors votre pays nous aide au lieu de s'occuper des français ?..."

Le soleil disparaît à l'horizon et il fait nuit noire lorsque nous retrouvons la terre ferme . Le téléphone portable n'étant jamais loin ,Sidi appelle Mossa pour qu'il vienne nous chercher . Pour remercier l'instituteur dont j'ai enfin compris qu'il n'était pas notre guide je lui demande de me vendre un de ces poêles que tout malien possède et que l'on trouve pour 4 sous au marché .Mon prix lui convient tout  à fait et il s'empresse d'aller en chercher un . Moins d'un quart d'heure plus tard Mossa nous dépose à l'hôtel où nous retrouvons Blanche qui avec application ...travaille toujours à son livre. ...rendez vous est pris pour 20H avec Mossa

jcf

désolée peu de photos elles sont encore dans les appareils ! que n'ai je un appareil numérique!!!! 

jeudi 29 mars 2007, a 18:55
RETOUR A GAO PAR LA PISTE
 

  Le 4X4 ne roule pas il vole ! Et nous avec !!! Petite frayeur quand même lorsque un  4X4 ,qui probablement roule à 70 à l'heure comme nous , sur la piste étroite fonce face à nous ...vous savez comme dans les films ,lorsqu'on se pose la question "qui va donner un coup de volant " sauf que là nous sommes dans l'action et pas assis confortablement dans un fauteuil....je crois qu'à cet instant j'ai oublié de respirer...mais ça passe ou ça casse! Et bien c'est passé , sans casse ....ouf ....on se regarde mon fils et moi ,nous sommes livides sous la couleur du sable collé à notre peau ... cette montée d'adrénaline passée nous profitons du paysage qui à mesure que nous nous approchons de Gao devient moins aride ,des arbres plus verts ,des palmiers , des buissons plus fournis . Les dos d'âne  se disputent la piste avec des nids de poules ,des ornières , des zones de sable dans lequel nous sentons le véhicule ralentir ... nos rires se mêlent .... et nous arrivons aux portes de Gao

...

jeudi 29 mars 2007, a 18:08
Jeudi soir ,derniers moments à Taboye
 

 La journée à Taboye nous a permis de visiter l'école et le jardin des écoliers mais une enième réunion de la caravane se déroule ce soir ,nous privant une fois de plus de cette soirée de récits Touareg devant les 3 thés avec Mossa . Nous trompons notre ennui  sous la tente avec les 3club med et Maximilian pour jouer aux dames chinoise  ... moment agréable , mais inutile d' aller jusqu'au Mali pour celà !

Quelle idée avons nous eu d'accepter d'aller visiter le Mali cette semaine là!  nous avons eu bien sûr grand plaisir à rencontrer ceux de la caravane ,les 3 institutrices ,les 3 club Med , Maximilian ou Blanche ,mais chacun d'eux y a un rôle ,qui enseigner ,qui meubler la bibliothèque ... nous sommes les seuls "tourisme équitable" avec un programme de visites prévues , uniquement pour que nous puissions mieux connaitre la région et vous faire profiter de nos découvertes ...

Cela est donc décidé , demain matin après une réunion de la caravane (oh mais cette fois c'est la dernière c'est promis! ) nous rentrons à Gao ...

Il nous reste 2 jours , puisque le rendez vous à l'aéroport est  lundi 9H, pour mieux appréhender cette ville . Après discussions , Mossa accepte d'emmener Blanche dans notre 4X4 ...nous lui parlons aussi de la soirée de vendredi ,nous aimerions aller dans un restaurant dont un guide "papier"  a dit du bien et nous lui demandons de venir partager ce moment avec nous comme invité . Quant à l'après midi du vendredi je lui demande de prevoir une promenade en pirogue jusqu' à la Dune Rose puisque nous n'aurons pas la possibilité de faire le retour vers Gao en pinasse et voir , peut etre , les hippopotames ...

 

photo n 1 : le puits se trouve à une centaine de mètres  du bâtiment du pensionnat à Taboye

photo n 2 : au bord du fleuve Niger à Taboye

 

mardi 27 mars 2007, a 21:16
jardin des enfants songhoi sur les rives du fleuve du Niger
 

  Devant nous entre deux tentes nous apercevons le fleuve , qui file vers l'horizon ... Nous suivons une "ruelle" bordée de murs un peu délabrés contournons un arbre et là.....c'est un ravissement : un jardin de verdure court jusqu'aux rives du fleuve. A mon regard ébahi s'offre un magnifique jardin potager où se mêlent mille couleurs ,une symphonie des teintes vives des tissus africains à toutes les nuances de vert ;Comment vous faire ressentir en quelques mots ma stupéfaction en regardant cette volée d'enfants qui s'affairent à leur besogne .En file indienne ils descendent jusqu'au fleuve les bras tendus sous le poids des sceaux et des arrosoirs ,les plus agés aidant les plus petits .Dès qu'ils m'apercoivent ils m'entourent . Les petites mains se tendent et me tirent qui vers un carré de carottes ,qui vers un carré de salade ...ici des betteraves ...là des choux ...et tout ce jardin parfaitement dessiné ,chaque platebande  séparée de l'autre par un petit mur de sable , ils sont fiers de me le montrer ! Ce jardin leur donne la possibilité d'améliorer l'ordinaire du pensionnat en ajoutant quelques légumes à leurs repas mais aussi leur permet avec l'aide de leurs instituteurs de se sentir "importants , responsables" Adorables enfants qui se promènent  près de moi , dont le jardin d'eden est tracé sur une petite pente en haut de laquelle on voit une vieille citerne .Une association italienne est venue il y a plusieurs mois pour installer un arrosage goutte à goutte mais ils sont repartis sans finir ,aujourd'hui la cuve rouillée n'attend qu 'un peu de bonne volonté pour reprendre  son rôle. Des gamines s'approchent de moi , leurs cheveux merveilleusement tressés  , lorsque je les félicite pour leurs jolies coiffures des petits gamins partent en courant au fond du jardin à la recherche de la plus jolie fillette ....mais elles sont toutes si adorablement mignonnes! Sur le chemin du retour les enfants de l'ecole publique nous rejoignent . Le pensionnat avec ces "etrangers" de passage attire beaucoup de jeunes enfants et adolescents ces jours ci !

jcf

lundi 26 mars 2007, a 19:03
l'école des sables à Taboye , loin de Gao ,loin de Bourem
 

  Le voyage de retour vers Taboye a été très rapide ,en ligne droite une petite heure mais nous n'avons pas eu la chance comme Maximillian ,les "club des 3 med" et family team de poursuivre des gazelles, en fait nous n'avons qu'entrevu au loin lorsque nous revenions le jeune berger un petit fennec  qui a filé comme le vent en nous apercevant .Par conre nous nous sommes arrêtes un moment sur une dune pour profiter un dernier moment du désert ,de son sables doux ....

 Dès notre arrivée , Ibrahim nous propose d'aller visiter l'école des sables . C'est un bâtiment unique en banco qui regroupe les 3 classes ,les salles sont petites , les murs de pisé y conservent la fraîcheur  et les fenêtres sans vitres bien sûr sont occultés par des planches de bois .  .Pendant que la caravane va filmer d'un coté Maximilian nous accompagne voir une autre classe . Sur un tableau noir l'institutrice une songhoi ,avec application ecrit quelques mots ;à notre entrée les jeunes enfants se lèvent et nous prenons place parmi eux . Une gravure est accrochée sur le mur , avec sa baguette l'institutrice désigne un dessin . Que fait le petit garçon? Tous les doigts se lèvent ...  Elevés aux campements ils ont appris avec leur tribu le Tamasheq ,langue des touareg ,  si leur maman est suffisamment instruite elle a dessiné sur le sable la calligraphie des lettres de l'alaphabet tifinagh . Venir à l'école ,  c'est laisser sa famille pendant de longues semaines , mais aussi découvrir une nouvelle langue , un nouvel univers : des crayons , des cahiers , des livres . Un petit oiseau volette de poutre en poutre , ni l'enfant ni le petit oiseau  ne se sentent perturbés par la présence de l'autre ; au dessus du tableau Ibrahim qui vient d'entrer dans la salle nous montre les dessins que l'on trouve dans nos maternelles : un rond jaune ,un carré bleu ,une étoile verte ...Sa methode pour que les enfants apprennent à reconnaitre les sons est innovante  par rapport à nos méthodes . Il sait que l'enfant enregistre l'image comme le son ...aux états unis depuis une vingtaine d'année il existe une université pour les bébés (oui oui vous avez bien lu ) qui préconise de faire connaître à l'enfant en même temps que le dessin du mot , sa calligraphie si vous préférez, le dessin de ce que dont on parle : le chat , le chien ,le jardin.  Ibrahim a adapté la méthode utilisée pour les personnes sourdes ou mal entendantes ,on dessine avec les doigts la lettre ou le son que l'enfant doit prononcer ...il enregistre les 3 choses en même temps :l'ecriture  , ce qui parvient à son oreille , et le geste .L'instituteur sans prononcer lui même le mot peut ainsi les aider en bougeant seulement ses doigts .   Une des salles du bâtiment , beaucoup plus grande que les autres accueille les enfants et un instituteur de l'ecole publique de Taboye , l'instituteur , dont une fois de plus j'admire la belle écriture et un texte sans erreurs orthographiques (quel plaisir de trouver en Afrique des personnes qui manient le français sans faute! ) nous explique qu'il s'occupe de 60 enfants de plusieurs niveaux. Une classe de 120 élèves a été partagée en 2 mais l' école publique ne pouvant les héberger ,ils se sont retrouvés à l'école des sables située non loin .Les jeunes institutrices qui ont fait le stage à Taboye m'ont donné quelques précisions à leur retour en France ,j'espère que "les 3i" pourront nous raconter encore plus en détails ces journées qu'elles ont partagées avec les enfants .  IL y a 5 classes m'ont elles dit ,mais les niveaux entre les classes sont très différents comme à l' intérieur des classes d'ailleurs. Certains élèves savent lire d'autres non , certains savent écrire lisiblement et d'autes ne savent pas comment utiliser le cahier... Et ceci même en  5 ème année ...En 1ere et 2è ils sont 12 enfants, en 3è et 4è 17, et en 5è, 9 inscrits mais 7 présents. Les horaires sont très libres. Les enfants peuvent être à l'école entre 8h et 9h. Nous nous commencions à 9h00 jusqu'à 12h00. L'après-midi c'est de 15h00 à 17h00..   Alors que nous retournions au pensionnat pour voir l'avancement des travaux dans la bibliothèque l'infirmière Carole /Maryam allait au dispensaire pour rencontrer l'infirmier à propos des médicaments . Le repas de milieu de journée pris en commun, réunit à nouveau tout le groupe ...   17H ,nous traversons Arnaud et moi le village encore très calme à cette heure. Quelques poules se promènent en liberté , des hommes sont assis à l'ombre ,bavardant , des femmes vaquent à leurs occupations ou parlent avec quelque voisine sur le pas de leur "tente" ...Si les enfants aussitôt prennent la pause lorsqu'il me voit l'appareil photo à la main les femmes d'un geste me prient de passer mon chemin .Comment leur en vouloir?  Même si l'oeil du photographe a aimé la grâce d'un geste ou la beauté d'un visage , a été touché par la profondeur d'un regard , a admiré une mosaique de couleurs ou simplement a souhaité figer l'émotion d'un moment comment cette jolie Songhai peut elle imaginer que ce n'est pas de l'indiscrétion ,de la curiosité ,du voyeurisme ... accepterions nous d'être immortalisés sur une pellicule juste pour le cahier de souvenir d'un inconnu. ....

 

vendredi 23 mars 2007, a 10:07
activités du jour au campement Touareg N'Tamat ,quelque part dans le sahel
 

  Nous sommes désoeuvrés  . Le temps passe ...paasse...paaasse ...paaaasssseee !!!  Le vent ne faiblit pas , et chacun à l'abri sous les tentes combat l'ennui comme il peut ,  mais l'inaction commence franchement à peser ! Impossible même de songer à prendre des notes sur ce que nous avons fait , le vent petit effronté se faufile  et s'en donne à coeur joie en essayant même d'arracher les pages de mon cahier ! l'abri touareg protège bien du soleil mais peu du vent qui glisse , s'insinue entre les peaux tendues sur les piquets , un claquement sec et régulier  accompagne ses manoeuvres pour nous envahir et de fait il a largement la place car dix bons centimètres les séparent du sol tandis que devant , à l'opposé , par le côté largement ouvert ce petit chenapan en tourbillonnant se jette à l'assaut de tout ce qu'il trouve . En sortant je découvrirai d'ailleurs sous le transit garé une superbe oeuvre de la nature ressemblant aux rifs marocains , mais en miniature . Un après midi aura suffit .

Je suis tentée d'aller rejoindre les "amis de la caravane" mais je risque de tomber lors d'un énième débat et puis franchement la fumée de "cigarettes" même en plein désert cela me dérange . Dommage , j'apprendrai par la suite que mon guide Mossa les a rejoint et leur a dévoilé un peu l'histoire de la communauté Touareg depuis les années 1990 . Il faudra que je me contente de ce que les médias m'ont appris , avec tous les "ont dit " que cela peut comporter , mais je ne désespère pas qu'avant la fin du séjour il réponde enfin à mes questions ....on peut toujours rêver . Mais ce n'est pas comme à la télévision où les programmes sont rediffusés : ici raté c'est raté ...

Ce matin , Carole a été baptisée dans la religion musulmane , nous devrons nous habituer à son nouveau prénom: Maryam. Bien sûr pour l' état civil elle restera Carole ! Nous avons partagé un morceau du foie de l'animal qui a été tué pour l'occasion mais Il faudra que je demande comment le baptème Touareg se passe : probablement parce que nous sommes chrétiens , nous n'y avons pas été conviés ...  

 Il est  près de 16h lorsqu'enfin il a un peu de mouvement dans le camp . Dès que j'entends Mossa dire qu'il raccompagne Aboudakrim dans son campement , peu éloigné d'ici , nous sautons sur l'occasion et nous engouffrons ,Arnaud et moi , dans le 4X4 . Bien entendu , comme à l'accoutumé , les bras des amis sont nécessaires pour démarrer , d'ailleurs le véhicule aujourd'hui se fait encore plus capricieux que ces jours derniers.

Finalement le désert se ressemble sans se ressembler , nous reconnaissons l'endroit où nous avons bifurqué ce matin pour aller au puits . Le campement après un moment s'étale devant nous . Il est plus grand que celui de la famille de Moussa . Les tentes sont plus nombreuses , le troupeau est constitué de chèvres mais aussi de moutons qui courent dans tous les sens . Nous restons dans la voiture pour ne pas nous imposer mais cordialement le chef du campement vient à notre rencontre pour nous saluer . Au loin je vois quelques femmes qui déambulent devant leur tentes , grandes , élancées elles ont un port de reines...elles me semblent d'ailleurs beaucoup plus grandes que celles que nous avons côtoyées au campement ...mais elles sont bien trop loin pour que je puisse distinguer les traits de leurs visages . L'image d'épinal ne peut pas s'appliquer ici ,les Kel Tamacheq  ,les touareg comme nous les appelons , ne se ressemblent pas : Mossa a des mains longues et fines , et son visage est mince ,les pommettes hautes ,  totalement  différent de celui de Moussa. 

Pour le voyage de retour nous aurons un nouveau passager à bord ,un  jeune berger , Peul je pense .J'aurais apprécié qu'il me dise quelques mots sur sa vie , mais l'aurait il pu! de toutes manières nous ne parlons pas la même langue et ce plaisir nous est interdit . Il est adorablement mignon , il ressemble à ces magnifiques portraits que l'on trouve au hasard d'un diaporama ou d'un carnet de voyage . Il est tout timide dans son coin et je ne me sens pas le droit de le photographier ...

 

Le soir , nouvelle réunion de la caravane mais comme elle se tient juste après le repas auquel nous a convié le père de Moussa ,j'en entend sans l'avoir souhaité une partie , puis, je m'éclipse sous l'excuse d'être fatiguée.  J'ai  toujours entendu que les Touareg prenaient n'importe quelle excuse pour chanter et jouer de la musique ,nous devons être dans le seul campement qui n'apprécie pas la musique ! nous ne participerons pas à cette grande fête avec chants ,et musique dont nous avait parlé Moussa

JCF

portrait de Mossa aimablement prêté par "les3i" merci de ne pas l'utiliser sans autorisation

jeudi 22 mars 2007, a 18:25
le puits au campement touareg
 

  Pas d'appel du muezzin ,mais ce matin encore je suis levée avant le soleil ,j'espère bien profiter de tout ce que nous n'avons pas pu faire hier ...et de fait lorsque le départ est donné pour aller au puits je les accompagne ...nous avons la chance d'avoir les véhicules  nous ne devrons pas y aller à pied et  les ânes pourront se reposer ,nous les retrouverons , non loin du puits .  Le vent qui hier soufflait déjà fort , aujourd'hui a redoublé de puissance et nous sommes entrain d'essuyer une petite tempête ...les appareils photos sont grippés , nos yeux nous piquent , finalement ce sont les hommes ici qui ont le plus de chance car le chèche protège et de la chaleur et des piqûres du sable ! Le voile des femme Touareg , moins bien arrimé vole au vent ...   Le puits a été construit il y a plusieurs années déjà . Une corde est attachée au ford transit , un homme du groupe jette au fond du puits l' immense outre qui sert à remonter l'eau  ...1..2.. plusieurs secondes passent avant que le "splach" se fasse entendre ,lorsqu'elle atteint l'eau . Le vehicule s'éloigne et lentement le precieux liquide remonte ...un coup de rein et l'outre est renversée dans un grand bac de fer blanc...l'opération recommencera plusieurs fois  et pendant ce temps les autres remplissent les bidons. Avant de partir il est nécessaire d' éloigner les bacs du bord du puits ,il ne faudrait pas qu'un animal assoiffé après avoir fini l'eau dans le bac ait l'idée de s'approcher du puits dont la margelle n'est haute que de quelques centimètres .    Pour le repas que nous prenons , je ne sais plus à quel moment , nous avons pallié à l'inconvénient du manque de couverts : dans les bouteilles en plastique (nous avions acheté à Gao de l'eau minérale pour notre séjour ) nous découpons des lanières un peu larges qui ,vues la formes des bouteilles font des cuillères très acceptables . Nous pourrions bien entendu comme c'est la coutume manger avec les doigts mais vu le sable qui vole de tous côtés y compris dans le grand plat que l'on vient de poser au centre de la natte ,il est inutile d'ajouter le sable de nos mains ,même en ayant tenté de les passer à l'eau claire...les Touareg quant à eux ont de belles cuillères en bois sculptées et je déplore qu'ils n'aient pas eu l'idée de nous en proposer à l'achat hier .  Aujourd'hui les pâtes ont été remplacées par le riz , plat coutumier au Mali , en remplacement du mil . jcf

quizz l'eau en questions :

http://www.volvic-unicef.fr/?nav1=Quizz&objectid=5

 

jeudi 22 mars 2007, a 18:22
scènes de vie au campement touareg :les sloughi sont là qui veillent
 

  La lumière commence à changer , dans peu de temps le soleil va se coucher dans un torrent d'or liquide et bien vite la nuit va envahir le campement . Quelques bêlements sporadiques trouent le silence de la nuit . Les sloughi sont rentrés avec le troupeaux , trop craintifs pour se laisser approcher ils me montrent au contraire qu'ils sont là pour veiller à la tranquillité du camp . Ils s'éloignent de moi ,chacun d'un coté opposé , un seul des deux aboie , toujours le même , puis ils forment un grand cercle , se retrouvent face à face et là , tous les deux se retournent vers moi et avancent , la queue entre les pattes , je suis une intruse  , ils ont cerné l'ennemi et veulent me faire reculer dans mes retranchements ... finalement ils comprennent que je ne suis pas dangereuse et s'éloignent , d'un pas rapide . La queue a retrouvée son panache , enroulée vers le ciel .

Mossa vient m'expliquer que du fait de la réunion (je n'y suis pas conviée car je ne fais pas partie de leur association) je passerai la soirée avec la petite fille qui me racontera un conte dans sa langue et Aboudakrim me servira d'interprète . Une jeune femme m'invite à m'asseoir près d'elle , seuls les sourires seront permis entre nous ,la barrière de la langue étant insurmontable . Je ne vous raconterai pas le conte qui comme toutes les histoires de Touareg a des monstres ,des méchants ...nulle belle princesse chez eux ,ni prince charmants...La soirée se passe autour d'un thé ! La petite fille fait de son mieux pour se souvenir de cette très longue histoire et les yeux d'Aboudakrim tentent désespérément de rester ouverts alors que ceux de Ibba depuis longtemps se sont fermés !

jcf

mercredi 21 mars 2007, a 11:27
sable fin , ciel bleu , soleil , dromadaire, touareg :carte postale ?non vraie vie
 

  ... Dans la journée un Touareg est arrivé monté sur son dromadaire ,nous étions sous la tente ,et le temps que nous réalisions , il avait déjà enlevé la selle et entravé l'animal ...pas bien grave ai-je pensé . Moussa lorsqu'il m'a envoyé le programme prévu pour le séjour , en décembre , m'a promis une grande promenade à dos de dromadaire...j'aurai le temps demain de faire des photos ....mais horreur peut être une heure après le groupe des Touareg qui étaient seulement venus en visite repart emportant avec eux les 3 dromadaires du campement . Vite je cherche Mossa et lui demande de m'accompagner d'un coup de 4X4 jusqu'à eux , car déjà ils sont loin et je souhaiterai au moins une photo !   Les femmes ont installé sur une natte leurs bijoux ,qu'elles proposent de nous vendre ...il y a aussi quelques boites, des sacs en peau ... Bien entendu Moussa nous dit qu'il faut comprendre , que le prix est élevé car ce sont leurs bijoux oui mais , il n'empêche que si c'est pour les payer aussi chers qu'en France cela m'ennuie , d'autant que je me montre peut être bassement matérialiste mais le sejour coûte déjà pour mon fils et moi 900euros ! Je suis déçue , très déçue , moi qui espérais avoir la possibilité d'acheter plusieurs bijoux pour les proposer en France et rapporter le bénéfice produit lors d 'un prochain voyage  , je ne peux pas prendre le risque ! Je me contente d'un collier , il ne sera même pas pour moi mais pour une amie qui a la gentillesse de s'occuper de  mon chat "Massai" (un chat noir d'où son nom ) pendant mon absence . Nous prenons le temps de mieux faire connaissance avec ceux de la caravane , cette action humanitaire est leur premier essai , c'est certain il leur manque beaucoup d'expérience et au lieu de profiter du pays, ils sont souvent réunis sous la tente pour essayer de régler les problèmes qui se présentent à eux , toutes ces choses dont ils auraient dû parler avant le départ et qu'ils doivent aujourd'hui débrouiller dans l'urgence...justement ils ont prévu pour la soirée une "rencontre au sommet" .

 Le campement s'est vidé de ses " toubabs " . Les enfants de Nathalie et Bernard se séparent avec regrets d'Arnaud , le courant était vraiment bien passé entre eux et c'était plaisir de les voir tous les 3 en pleins conciliabules ; je pensais qu'ils resteraient plus longtemps avec nous et je n'ai pas eu occasion de bavarder avec les parents ...qu'à cela ne tienne nous nous reverrons en France , pour l'instant il doivent  rallier Mopti plus au sud de Gao pour rentrer en France . Ibrahim raccompagne les institutrices à Taboye où leur stage doit se dérouler , Maximilian et "le club des 3 fondationclubmed" rentrent à Taboye où ils prévoient ,avec force clous et bonne volonté , d'organiser la bibliothèque du pensionnat . Blanche après une grande promenade à pied avec Arnaud retourne à l'écriture de son bouquin que j'ai grand hâte de voir arriver sur les rayons des libraires . L'écouter ,  c'est partir à l'aventure , j'imagine aisément comme son écriture doit être fluide , agréable ... Lorsque je la vois s 'éloigner pour vivre "son " désert cela me donne envie d'ouvrir  son précédent livre : l'éloge du désert

     .../...

1ere photo : une grande étendue plate comme un lac figé

photo n°2 enfant au campement

mardi 20 mars 2007, a 14:30
le campement Touareg au sahel ...suite
 

  ...
Chacun dans le groupe pose ses marques
Je rejoins les femmes sous la première tente pour les saluer .Les femmes et la petite fille ne parlent que le Tamacheq. Difficile dans ces conditions de briser la glace! un bol passe de main en main , c'est du lait de chèvre , coupé avec de l'eau du puits ,sans l'avoir traité au préalable...trop tard , le délicieux breuvage est déjà avalé ...et ne me donnera ,ni a Arnaud d'ailleurs aucune indisposition ...arrêtons de penser que la tourista nous guette à chaque fruit ou laitage avalé .
Tout notre petit monde , par petits groupes  prend possession d'un coin du campement : les institutrices , les "3" de la fondations club med ,Les "gens de la caravane " , Bernard et Nathalie , Moussa disparaît on ne sait où ,il est souffrant sembe t'il , Mossa aussi a une douleur dans le dos probablement due au fait qu'il a dormi dans la voiture et va se reposer dans un autre coin....Maximilian et les 3 ados se réunissent sous une tente pour faire un jeu .Blanche , toujours un peu solitaire s'est un peu éloignée du groupe ,elle a besoin semble t'il de se sentir enveloppée par le soleil et cernée par le désert pour travailler .
Sous leur tente les femmes restent assises ,l'une d'entre elle fait cailler du lait en agitant inlassablement une outre  faite dans la peau d'une chèvre ...regardez la photo ,vous reconnaitrez la forme de l'animal....sur ses genoux ,son bébé ,sagement installé ne bronche pas ...une fillette joue avec un cabri nouvellement né...la maman prend du bout des doigts un peu de lait caillé et le tend à son enfant qui lui suce les doigts...les heures s'écoulent ,c'est le rythme normal de la vie au campement...le petit  troupeau de chèvres revient de je ne sais où ...

jcf
 
 
 

mardi 20 mars 2007, a 14:14
arrivée au campement
 

Deux tentes dressées côte à côte , une autre guère plus grande un peu en retrait , quelques chèvres ...2 ou 3 dromadaires ...C'est le campement . Le soleil est maintenant haut dans le ciel et inonde ce paysage un peu lunaire ...ici pas de dunes , une étendue plate à perte de vue d'un côté qui forme comme un lac de pierre figé et partout ailleurs vers où le regard se porte un sable beige rosé à perte de vue , piqué de quelques buissons et petits acacias . Moussa nous présente quelques membres de sa famille , il nous donne leur prénom qui aussitôt s'envole emporté par le vent qui souffle en petites rafales et soulève des nuages de sable qui nous fouettent le visage . Plusieurs Touareg se réunisent aussitot pour monter nos 2 tentes .Les piquets de bois ont déjà été plantés ,il ne faut plus que tendre les tentes de cuir .Chacune d'elle a été confectionnée avec de nombreuses peaux de chèvres cousues l'une avec l'autre .Dans la coutume Touareg ,c'est la famille du garçon qui confectionne cette tente qu'il donnera en cadeau de mariage à son épouse .Elle en restera la seule propriétaire ...

dimanche 18 mars 2007, a 17:55
le soleil se lève derriere les dunes / un clic sur une des 2 photos et vous partirez vers de nouvelles photos
 

  Je suis la première levée. A cette heure le ciel s'est fait plus clair , mais le soleil n'apparaîtra que dans un moment , immense boule de feu qui va surgir derrière la dune qui me fait face.

Des traces dans le sable me permettent de découvrir que cette nuit nous avons eu des visiteurs et justement un lézard file devant moi et se jette dans un minuscule trou que je n'avais pas remarqué .

Le campement s' éveille , déjà la bouilloire est sur le feu. La dune apparaît peu à peu , magnifique sous le soleil qui se lève d'un coup. Elle perd sa couleur blanchâtre de la nuit et retrouve les teintes chaudes du sable que l'on retrouve au Mali ,ce beige orangé si caractéristique de la région . Les photos ne pourront jamais rendre l' immensité de ce paysage , la douceur de ce sable qui coule entre nos doigts aussi immatériel que l'eau .Seule sa chaleur au contact de la peau me  permet de réaliser qu'il file entre mes doigts . Je monte au sommet en compagnie de Mossa que j'ai retrouvé pour un instant . Clic ...Clic...le campement est tout petit , là bas , blotti entre quelques rares buissons , dans l' immensité du désert , une dune qui se découpe au loin dans le ciel , un beau Touareg dont le boubou vole dans ce vent qui toujours nous entoure dans le désert . La journée s'annonce bien .

En redescendant Mossa casse une petite branche dans un buisson et m'explique que c'est ce bois que l'on utilise comme brosse à dents. L'extrémité un moment mâchouillée devient filandreuse ..mais quel goût horrible ! Peut être s'y habitue t'on .

Les portières claquent , les moteurs ronflent...nous voilà repartis (toujours pour le 4X4 de Mossa avec l'aide des quelques bras charitables ) Dans quelques kilomètres nous pourrons contourner la dune et reprendre le chemin du campement du père de Moussa , que nous atteignons enfin dans la matinée de ce mercredi . Nous croisons avant d'arriver quelques femmes qui vont un puits , marchant au côté de leur ânes chargés de bidons . Un superbe sloughi , ces chiens du désert dressés pour la chasse et pour garder les troupeaux , court à côté de la voiture en jappant furieusement . Il est superbe . Dans l'effort on voit tous les muscles de son corps se tendre , ses côtes à fleur de peau tant la bête n'a pas une once de gras . Je demande à Mousssa de ralentir un peu , pour que le chien reste le temps d'une photo à ma hauteur , mais il a d'autres préoccupations semble t'il! Il veut arriver le premier au campement et une voiture du groupe ayant pris une piste parallèle à moins de cinquante mètres de nous est à deux doigts de nous dépasser dans un nuage de sable. Je peste , j'enrage intérieurement .La photo aurait été magnifique!

JCF

 

le blog nouveau est arrivé pour un diaporama .et quant aux liens publicitaires, suivez vos habitudes là aussi.

samedi 17 mars 2007, a 16:25
nuit à la belle étoile au milieu du désert
 

  Les flammes s'enroulent autour du bois sec . Bleues , rouges , jaunes , elles le lèchent, on l'entend qui gémit , puis craque dans un feu d'artifice de milliers d'étincelles .Les légères volutes de fumée montent  vers le ciel entrainant avec elles ces myriades de petits étoiles qui semblent s'accrocher à la voûte céleste . La Grande Ourse , Orion ...elles sont toutes là , posées comme des diamants dans un ciel d'encre . Le feu , répand autour de lui une chaleur bienfaitrice  , le cercle s'est rapproché , et nous vivons intensément ce moment rare . Blanche , s'est éloignée du groupe , pour être en accord avec soi même elle semble avoir besoin de s'imprégner du désert , une solitude à deux ...Arnaud et Maximilian ont préféré aller se promener jusqu'au sommet de la dune accompagnés par la clarté de la lune .

Nos yeux se sont habitués à cette semi obscurité et notre regard peut se porter au loin . Un grand bâton passe de main en main , c'est le bâton des palabres, celui qui le tient doit raconter pourquoi il est là, quel parcours l'a amené à partager avec les autres cette aventure .Les "gens" de la caravane ont eu le temps en presque un mois de se connaître , mais pour nous fraîchement débarqués il est difficile de raconter sans se dévoiler tout à fait .Comment en quelques mots expliquer le cheminement de nos pensées , de nos désirs , de nos espoirs qui nous ont menés ici , à cet instant précis. Le repas était frugal : une ou deux dattes .Pour les plus gourmands ou les plus affamés "family -team " ouvre la guinguette de leur voiture super equipée , qui offre tout le confort  dont on peut rêver. Aujourd'hui la carte propose"potages de pâtes à la vache qui rit" un pur délice parait il...Je me contente de 2 dattes. Lundi,  le 1er jour , j'avoue que j'ai un peu senti mon estomac tirailler mais j'ai avalé depuis tellement de sable que aujourd'hui , mardi 23H cette sensation de faim m'est inconnue. Je me nourris de ce désert qui m'entoure, de ce ciel étoilé, de cette presque pleine lune et mon seul soucis à cet instant est bien matériel . Il faudrait que je trouve un buisson , car même si nous buvons peu ....en fait je réalise que depuis le lever ce matin cette préoccupation n'était pas venue à mon esprit. Nous nous éloignons les 3 institutrices et moi...pas de crainte de nous perdre,il nous semble maintenant que nous souhaiterions un peu d'intimité qu'il fait presque grand jour! Quant aux buissons ,ils sont vraiment rachitiques!!! Mossa et Ibrahim sont allés dormir dans des voitures ...il n'y  aura pas de photos là non plus de cette mémorable soirée , les appareils photos sont toujours dans la voiture et je n'ai pas osé déranger Ibrahim .

Moussa nous raconte deux contes Touareg , pas de chance , se sont les 2 seuls que je connaisse ...Mais la fatigue commence à se faire sentir ,

chacun s'installe , Mossa m'a donné une natte et Alexandre me propose une petite couverture en découvrant mon embarras. Ce n'est pas tant le froid qui me gène , mais un léger vent souffle toujours en deuxième partie de la nuit et comme j'ai le nez totalement bouché je suis certaine que demain j'aurai mal à la gorge. Un comble , attraper une angine au Mali ! ... Maximilian et Arnaud rentrent un peu plus tard de leur périple. Le froid ne gène en rien Arnaud qui même en hiver se ballade en tee shirt , son gros blouson le protege largement ...quant à Maximilian , il n'ose déranger celui qui utilise son sac de couchage comme oreiller et se retrouve (en tout bien tout honneur ) sous la même couverture que moi ,un prêt d'Alexandre...je ne devrais aps m'en plaindre, mais une véritable pelure d'oignons tant elle est fine

jcf

mercredi 14 mars 2007, a 10:49
Taboye nous réunit
 

  Pour l'avoir vue sur la vidéo de la caravane du coeur que j'ai repiquée sur youtube ou dailmotion ,  je reconnais aussitôt la jeune femme brune qui est devant moi : Carole ,l'infirmière . Un jeune homme blond , dégingandé , s'approche . Il a une allure et un physique très  "artiste" ...je le vois très bien peintre ou poète ..encore raté ! Il sort d'une école de comédien et tient la caméra pour la "caravane du coeur " , c'est Alexandre .

Jullian revient du puits  , Stéphane  et Méggy nous rejoignent ,on se présente ,on se serre la main . Blanche ,réfugiée à l'abri des regards et du bruit comme à son habitude nous aperçoit et vient à notre rencontre .Nous ne faisons qu'entrevoir la famille qui a suivi le périple de la caravane avec son propre 4X4 , ils doivent faire un saut jusqu'à Bourem ..Dès leur retour nous prendrons tous , la route, pour le campement du père de Moussa . Justement ce dernier s'est installé sur une natte devant la tente de la caravane du coeur . Je m' asseois auprès de lui et nous bavardons un moment de tout ,de rien , du voyage ,de la caravane du coeur , tout en buvant un thé .   A l'abri du vent et du soleil ,des femmes Touareg se sont réunies , petit groupe ramassé sur lui même qui cherche cette ombre bienfaitrice . Elles portent un voile indigo sur leurs cheveux .Vous le savez , chez les Touareg , quoique de confession musulmane , c'est l'homme qui est voilé. Une petite fille au regard coquin et dont les joues rondes se creusent de fossettes chaque fois qu'elle fait la timide se cache derrière une jeune femme , sa maman ,dont je vais apprendre rapidement qu'elle est l'épouse d' Ibrahim . Pour essayer de m'intégrer je m' interesse au collier de perles qu'une très jeune fille crée sous mes yeux .J' aimerais leur poser mille questions mais si elles me sourient ,elles ne s' interpellent qu' en  Tamacheq , même la femme d'Ibrahim la seule qui semble parler le français  ne me dit que quelques mots.  Arnaud a disparu , happé par un jeune ado qui veut lui montrer qu'il sait jouer plus ou moins bien de la guitare sèche .

L'école est finie ,une petite troupe de jeunes garçons ,les filles étant largement en minorité , filent vers Stephane .Je crois comprendre que Stéphane est leur grand copain ,et que son trafic bleu "sintikile" l'oiseau bleu et rapide ,ajoute à sa popularité .

 Le 4X4 de la famille (Nathalie Bernard Mélodie et Bastien) est de retour à Taboye ,un petite cérémonie est organisée au pied levé pour la remise de quelques cadeaux remis à l'école ..clic ...clic ...les photos fusent ! Mais la journée tire à sa fin , sous ces latitudes le soleil se couche très rapidement , il nous faut prendre la route au plus tôt .Le campement est à quelques heures de route et notre véhicule a un petit problème : pas de phares .La batterie est probablement trop faible . Nous grimpons dans les 4X4 et le trafic . Je partage la banquette arrière du 4X4 de Moussa avec Carole et un des Touareg . Arnaud  ,se retrouve avec plaisir en compagnie de Bastien ,Mélodie,et Blanche avec lesquels le courant est aussitôt passé . Nous retrouverons notre guide Mossa à notre arrivée au campement .

La nuit maintenant est tombée ,traverser le désert sous la lune qui est presque pleine est un moment particulièrement fort . Les 5 véhicules se suivent  ,chacun surveillant dans le rétro si l'autre est toujours derrière.Nous sommes devant car c'est le père de Moussa ,qui va nous diriger en suivant les étoiles . Dans la journée , le Touareg trouve son chemin grâce aux reliefs , à la végétation qu'il connaît par coeur , la nuit se sont les étoiles qui lui montrent le chemin . Des myriades d' étoiles scintillent dans un ciel d'encre mais il sait laquelle lui permettra de trouver le campement ....

jcf

mardi 13 mars 2007, a 17:30
arrivée à Taboye
 

  La panne n'est pas bien grave. Problème de batterie. Dans le désert c'est pas extra direz vous!...les bras des occupants de l'autre voiture viennent à la rescousse pendant que j'en profite pour immortaliser ces moments . Après 3 essais infructueux le moteur hoquète et se met à ronronner. Plus question de traîner maintenant ,Moussa et Mossa chacun dans son véhicule peuvent appuyer sur le champignon . " ah bon ,on trainait! " Je serre un peu plus la poignée ...tant pis les photos , je les ferai un autre jour ! Le paysage semi désertique défile sous nos yeux , nous n'avons qu'entrevu les quelques maisons en pisé qui étaient sur la route...un troupeau de chèvres venu de nulle part s'égaille à travers la rare végetation ..deux ânes pas le moins apeurés nous regardent passer... Tout le monde sait que depuis quelques années la folie du 4X4 a touché également les femmes . Ce n'est pas moi qui le dis , des études ont été faites ,le rav 4 fait partie du rêv' des baroudeuses du dimanche ,ongle bien verni ,lunettes posées décontractées sur les cheveux...je les imagine le cheveu asséché par le sable (vous savez style la pub pour les cheveux ou le petit gamin reconnaît sa maman en touchant le balai en paille ,j'ai les mêmes cheveux ces jours ci!) cramponnées au volant de leur 4X4 fait pour les routes goudronnées de nos villes , essayant de ne pas quitter la piste pour ne pas se retrouver ensablé . Soyons francs ,je pense que conduire dans le désert n'est pas donné à tout le monde et qu'il faut au moins quelques jours d'adaptation. Mais je pense aussi qu'il y a des 4X4 pour "être dans le vent" et des 4X4 pour être "dans le sable" .Par chance nous avons un 4X4 prévu pour le désert !

Mossa et Aboudakrim se lancent quelques phrases .On ne peut pas dire qu'ils bavardent car il y a tellement de bruit qu'ils sont obligés de hausser la voix pour se parler. Ils utilisent la langue des Touareg ,le tamacheq ? Ce n'est pas que je sois curieuse (bon ,oui un peu!!) mais je me sens exclue lorsque les gens autour de moi utilisent une langue que je ne connais pas ;c'est certainement pour cela d'ailleurs que lorsque je suis avec un etranger j'utilise ,même si je la parle mal ,la langue qu'il comprendra .

Nous n'avons pas eu le temps de beaucoup bavarder avec Mossa , Moussa est arrivé au moment où il m'expliquait que lui aussi a créé sa propre école des sables pour sa communauté de l'autre coté du Niger. Il faudra que je l'interroge plus en détail sur son école.

Et justement nous voilà arrivés semble t'il , au pensionnat car les deux voitures viennent de ralentir en arrivant dans une lieu presque aussi désertique que les autres.

Deux bâtisses rectangulaires , sont construites à proximité d'un puits , un autre bâtiment légèrement plus petit est un peu en retrait . Lorsque je dis "bâtisse" ne pensez pas à un pensionnat comme celui où  Gérard Jugnot débarque dans le film les Choristes ...ici ,nulle grille ,nul jardin ,un seul arbre ,  minuscule , sous lequel est attaché une chèvre ,qui tire sur sa longe toute la journée en bêlant.   Le bâtiment principal est la maison d' Ibrahim . Trois pièces : un bureau , une chambre , un salon chambre d'invités . Dehors une partie couverte avec , d'un coté un grand vase de terre qui contient de l'eau fraiche , de l'autre ce qui peut être appelé coin cuisine . L'autre bâtiment , de même forme et même taille est le dortoir , tandis que celui qui se trouve un peu à l'écart est la bibliothèque . Nous allons faire la connaissance dans les heures qui suivent de 3 personnes appartenant à la fondation club med qui sont venus ici pour offrir leur temps en transformant ce simple abri en une jolie bibliothèque avec bancs ,rayonnages etc....Sur l'un des grands murs seront notés les règles de vie "laver ses mains avant d'utiliser un livre ;le remettre à sa place etc...dans quelques jours tous les trésors qu'ils ont apporté avec eux cahier ,livres ,coloriages ,jeux ,ardoises prendront place sur les étagères de bois blanc .Pour l'instant ils en sotn à peindre ,clouer sous les yeux attentifs des gosses.

4 tentes bambara , ont été montées, pour accueillir tout ce petit monde qui envahit depuis quelques jours le sable de taboye.
La première et la plus grande est le home sweet home de la caravane du coeur .Lorsque nous arrivons ils s'affairent à quelques besogne. Un "blanc" aux allures de baroudeurs  s'approche en souriant de nous .C'est Maximillian que je ne connaissais que par web et telephone...jamais je l'aurais imaginé comme cela ! C'est drôle comme on se fait une image de quelqu'un à travers sa voix ,sa manière de parler ...nous ne sommes pas déçus ! Il émane de sa personne une gentillesse qu'une semaine passée en sa compagnie ne fera que confirmer. La deuxième tente est réservée aux 3 institutrices stagiaires. Quelle chance pour l'école ! Elles arrivent juste au bon moment quand un des instituteurs pour problème de santé à dû être rapatrié sur Bamako. La troisième est réservée aux trois personnes de la fondation club med tandis que je partagerai la dernière avec mon fils car, si ici tout le monde est ami de Moussa ,nous avons le privilège d'avoir une grande tente pour 2 car nous sommes ici les seuls "touristes" ,comme nous et pour le même tarif vous pourrez vous aussi vivre des aventures en choisissant "oulked tour" l'agence de voyage de Mossa ... jcf

lundi 12 mars 2007, a 21:25
sur la piste Gao Taboye
 

  Arriver jusqu' à la sortie de la ville ne prend que quelques minutes ,nous faisons un dernier arrêt express pour acheter un petit sachet de charbon de bois et nous voilà partis . Moussa nous rejoindra sur la route .

 En cette fin de matinée la chaleur n'est pas désagréable , elle est bien plus supportable que dans les pays où le taux d'humidité est important , par contre j'ai du mal à m'habituer à ce sable qui s'insinue dans les narines , fouette nos paupières .Nous roulons vitres ouvertes ce ne sera pas pire ! Le vent dans les cheveux , le soleil , le désert , qu'espérer de mieux ! 

 Secouée dans tous les sens je ne parviens pas à me caler pour prendre des photos . Nous roulons à moins de 40 à l'heure et il me semble voler de trous en bosses! J'ai voulu prendre un superbe palmier ...je pense que ce sera le ciel ...et hop un virage plus ou moins bien négocié et un nuage de poussière s'envole derrière nous ...nous avalons ainsi les kilomètres pendant un moment, puis Mossa décide d'un arrêt pour boire du thé et manger un peu . La voiture est garée sous un acacia chétif . L'un installe une natte par terre tandis qu'un autre fait un petit trou dans le sable , y dépose quelques morceaux de charbon de bois , quelques brindilles d'acacia et un petit morceau du sac plastic (pas très ecologique!) pour faire mieux prendre le feu . Un coup de briquet et le tour est joué ! Non ...décidément il y a trop de vent , il faut s'y reprendre à plusieurs fois mais enfin la flamme se jette à l'assaut du ciel , dès que les braises rougeoient on y dépose la bouilloire et peu de temps après l'eau chante doucement. Une dose de thé, une dose de sucre et de l'eau . Le cérémonial du thé revêt ici autant d'importance qu'au Japon.   Le premier thé versé  dans un petit verre passe de main en main ,de lèvres en lèvres .Le premeir thé est brûlant et fort comme la vie .On rajoute de l'eau dans "el barrad" la théière émaillée bleue , il faut soulever haut la théiere et verser le filet de liquide ambré sans en perdre une goutte .Le thé ainsi s'aère .Le deuxième thé est doux comme l'amour.  Le troisième sera suave comme la mort .Tels sont les trois thés dans la coutume Touareg. Le repas que nous prenons dans un grand plat commun est installé au centre de la natte. Encore un brin civilisés nous utilisons aujourd'hui une cuillère de fer blanc .Le repas est constitué d 'un morceau de mouton cuit avec du riz et des tomates . C'est délicieux. C'est le moment que choisit Moussa pour apparaître à l'horizon  au volant de son 4X4 , son père assis près de lui.
En quelques secondes tout notre petit campement disparait dans le coffre de la toyota mais la voiture refuse obstinément de démarrer...

jcf

dimanche 11 mars 2007, a 14:42
derniers préparatifs avant le départ pour Taboye ,dans le nord du mali
 

  C'est le jeune frère de Sidi ,Aboudakrim qui nous servira de chauffeur pour notre voyage vers Taboye. Nous l'avons rencontré hier pendant que nous nous promenions avec Sidi .

 Alors que Sidi , jeune homme de 20 ans est habillé à l'europénne , Aboudakrim d'un an son cadet , porte le chèche . Ils ont tous deux la peau claire ,couleur café au lait et des yeux en amande ,des dents blanches à démoraliser tous les dentistes de la terre ,des cils épais et recourbés qui n'ont besoin ni de magic curl ni d' épaississeurs !

Le jeune Touareg est venu nous chercher en fin de matinée .Nous comprenons vraiment le sens du proverbe Touareg "tu as la montre j'ai le temps " je l'avais traduit par : je "possède le temps " mais c'est bien "j'ai le temps " qu'il signifie ! Car là bas dire rendez-vous à 10 h n'a pas de signification ;vous le savez peut être pour l'avoir vécu dans d'autres pays du maghreb ,ou du moyen Orient ,mais au Mali cela semble encore plus vrai....ils viennent lorsqu'ils ont achevé de faire tout ce qu'ils ont décidé de faire ; entre temps ils rencontrent sur le chemins toujours quelque ami, quelque cousin ...et lorsque on rencontre quelqu'un de sa connaissance pas question de dire un simple bonjour ,celà serait inconvenant . On demande à son ami comment il va , puis comment se portent ses parents , et la santé de sa femme et ses enfants et ses cousins.... Bref nous voilà enfin partis ,pas très loin en fait .Nous rejoignons Mossa qui n'a pas fini de faire les achats pour la nourriture et les boissons que nous devrons utiliser pendant notre séjour à Taboye et au campement . Pendant qu'il règle ces derniers problèmes d'intendance , nous pouvons tout à loisir regarder les personnes qui s'affairent dans la rue . Plusieurs Touareg déambulent . Mais comment font ils donc pour se reconnaître l'un l'autre, si ce n'est par la manière de marcher ! Certains ont le bas du  visage complètement caché par le chèche et nous pouvons seulement voir leurs yeux. 

Des femmes à la peau noire ,bambara ou songhoi ,on ne m'a pas encore dit si leur manière de s'habiller est différente, mais de femmes Touareg ,point dans les rues ...il faudrait que je pense à demander si c'est un hasard .

Un jeune homme s'approche ,il mange une sorte de fruit . Je ne peux m'empêcher de lui poser la question. Gentiment il m'explique que c'est un fruit du nénuphar ,cela se trouve sous la plante dans l'eau et c'est paraît il très bon ,je lui fais entièrement confiance ! Je goûterai une autre fois . Nous partons! Mossa ,s'approche de nous et nous grimpons dans son 4X4 . Le coffre est rempli à craquer ! Avec nous ,se coince à l'arrière Ibha , un autre Touareg . En fait c'est ça qui est désagréable , les places de devant sont réservées au chauffeur et à Mossa ,et à l'arrière seules les places près des fenêtres sont à choisir car au dessus des fenêtres il y a des poignées pour se cramponner ;cette fois c'est Arnaud mon fils qui se retrouve au milieu ,c'est vrai on voit mieux mais vous le verrez si vous ne l'avez jamais connu ,le désert est plein de trous et de bosses, et les sauts en 4X4 comme vous les voyez en regardant Paris-Dakar à la tv c'est beaucoup plus confortable à regarder assis dans son salon; car ici ,il faut pas rêver ,le confort des 4X4  est sommaire ,et pas de ceinture pour nous maintenir .Question d'habitude!

 Nous traversons la rue bordée de marchands quant un Touareg  se met à gesticuler sur le trottoir .Coup de frein . C'est Moussa qui s'approche de nous pendant que Aboudakrim rebrousse chemin . Un serrement de main ,pas question dans un pays musulman de lui sauter au cou ! Moussa nous rejoindra sur la route dès qu'il aura récupéré sa voiture garée un peu plus loin et dans laquelle son père l'attend.

jcf

samedi 10 mars 2007, a 15:41
le soleil se lève sur Gao ,dans le nord du Mali
 

Au loin le Muezzin vient de faire son premier appel à la prière. 3H10 et nous voilà réveillés. Par 3 fois ,au lever du soleil ,il appellera les fidèles toutes les demies heures. Déjà le coq fait retentir son chant mais il faudra attendre deux bonnes heures avant d'entendre le son pétaradant des mobylettes. Comme disait Ali ,hier soir : " si les routes n'étaient pas de sable nous pourrions utiliser des vélos mais ici c'est trop dur alors nous utilisons la mobylette ".

 Le soleil se lève à peine. Installée sur le toit en terrasse de l'hôtel je regarde la ville s'éveiller. De la haut mon regard embrase toute la ville qui s'étire au loin jusqu'à l'horizon. Comme dans tous les pays du nord de Afrique les toits sont plats, terrasses d'agrément parfois, mais aussi lieu de choix pour faire sécher l'herbe que l'on trouve au bord du Niger et qui sert de nourriture au bétail. De mon abri, loin des regards j'ai un peu l'impression d'être le paparazzi à la recherche de la photo compromettante ! Non! Seulement je souhaite des moments de vie , pas de photos où les personnes prennent la pose . Je reste pourtant sélective ,certaines photos qui me sembleront trop indiscrètes ,trop personnelles ,  seront immédiatement détruites .

Nous ferons connaissance d'une tente Touareg dans un jour ou deux mais aujourd'hui je peux admirer tout à loisir deux tentes construites en nattes . Quel plaisir de vivre ces instants privilégiés...

L'adolescente prend du sable dans une main et avec application frotte la bassine de fer blanc . Plusieurs fois elle renouvelle ce geste . Quoi de mieux lorsqu'il n'y a pas d'eau pour faire la vaisselle .

Installée devant le mur du jardin de sa maison ,au bord de la route elle a fait un trou pour ne pas utiliser le sable de surface . Puis elle rince ses mains dans l'eau du seau de fer blanc et elle jette un peu d'eau dans la bassine pour éliminer le sable.

Une jeune femme sort d'une maison ,un bébé dans les bras. Elle le fait passer par dessus son épaule droite ,le fait glisser à califourchon sur son dos ,se baisse en avant pendant que l'enfant prend place correctement . Une grande bande de tissus qui recouvre le corps du bébé ramenée en avant ,un noeud pour le haut ,un noeud pour le bas .Le porte bébé est prêt en un tour de main .La tête appuyée sur l' omoplate de sa maman Bébé pourra toute la journée accompagner sa maman dans ses travaux ménagers .

Justement un peu plus loin une femme sans âge ,pliée en deux , à l'aide d'une hache très typique , coupe du bois puis prépare le feu .Des enfants jouent assis dans le sable . Une charette passe se rendant probablement au marché...

Le petit déjeuner est servi : pain ,beurre, confiture ,café ...on pourrait presque oublier que ce n'est pas la France !

Mossa doit venir nous chercher vers 10h pour partir vers Taboye. Nous aurions aimé profiter encore de ces quelques heures qui restent pour retourner au marché ,mais nous ne savons pas encore nous reconnaitre dans la ville et je ne sais pas si Mossa a mon numéro de portable...tant pis ,ce sera pour une prochaine fois.

jcf 

vendredi 09 mars 2007, a 15:18
fin d'après midi à Gao 1er jour
 

  La nuit vient de tomber ,il doit être 18 h , le bruit de la ville se fait différent, les oiseaux se sont tus et leur gazouilli est remplacé par le cri cri des grillons, au loin le chant du muezzin une nouvelle fois appelle à la prière ,c'est la 4eme ,celle du coucher du soleil. Le souffle léger du  vent fait frissonner les feuilles ,il fait tiède ...la chaleur pendant cette journée n'était pas écrasante ,nous n'en avons pas souffert ni de la soif d 'ailleurs , nous avons été plus gênés par ce manque d'humidité dans l'air qui assèche la bouche ,et ce vent omni présent qui oblige à chaque inspiration à inhaler autant de sable que d'air ! Les bêlements des troupeaux se mêlent aux cris des enfants qui jouent devant leurs habitations ... Seuls "blancs" dans l' hotel nous avons droit à la plus belle chambre avec wc et douche ! Le luxe quoi ! Une grande moustiquaire recouvre le lit que je devrait partager avec mon fils,une moustiquaire qui a fait son temps et dont l' efficacité a té renforcée par des gros morceaux de scotch noir pour boucher les trous. De Toutes manières mon fils ,a force de tourner et de se retourner sur ce matelas bien maigrichon posé sur un sommier de bambous sera au milieu de la nuit totalement saucissonné dans la moustiquaire et le seul et unique moustique qui vrombit avec plaisir autour de moi pourra à loisir me considérer comme un met de choix. En me donnant les claques inutiles je repenserai à notre attente devant le bureau d'enregistrement où pratiquement toutes les conversation ont tourné autour de "quels médicaments prenez vous contre le paludisme ?" nous rien ,pour un séjour d'une semaine inutile de se mettre martel en tête ,nous serons de retour en France dès les premiers symptômes ,il suffira à ce moment d'agir nous a expliqué notre médecin habitué aux voyages en terres africaines. Une douche plutôt froide (il ne faut pas pousser quand même on a douche et wc dans la chambre on n'allait pas en plus avoir l'eau chaude!) et nous voilà dans le jardin. La chambre est agréable mais ,pour ne pas faire entrer la chaleur , les fenêtres en sont occultées , et la lampe ne jette qu'une lumière un peu palichonne ,il est donc bien plus agréable de profiter de la douceur de l'exterieur.  Sous une tonnelle construite avec des bambous et recouverte de nattes , trois ou quatre maliens se sont réunis ,à l'abri des regards ,mais toujours prêts à nous rendre service si nous le souhaitons...à Leur rythme bien entendu ...il faut bien attendre 10 minutes pour qu'une bouteille d'eau nous soit apportée ...à Nous de penser à la demander avant de mourir de soif et prévoir qu'il leur faudra au moins autant de temps pour venir rendre la monnaie,s'ils n'oublient pas ... Les hommes tout en bavardant préparent le thé. Quelques braises dans leur petit poêle ,la petite théière bleue ,les petits verres voilà la panoplie de tout malien .Qu'ils soient Bambara ,Songhai ,Peul ou Touareg ,tous ils boivent ces 3 thés n'importe où n'importe quand ,tous ils vous offrent de partager ce breuvage... Il fait maintenant nuit noire et la cours de l'hotel est parsemée des taches de lumière que créent les lampions disséminés . Le repas nous est servi dans de la porcelaine made in China ,poulet frites ,mac do n'a qu'à bien se tenir car les frites sont succulentes .Il faut avouer que nous avons "grand faim" ! Ce matin nous quittions la maison à 4H et ce n'est pas le petit "en cas" dans l'avion affrété par point Afrique qui a rempli nos estomacs! Quant au repas de midi ,un coucous délicieux mais où deux minuscules morceaux de viande se battaient en duels ...pour mon ado de 15 ans c'est l'horreur! Les frites glisseront rapidement de mon assiette dans la sienne! A celles qui souhaitent un séjour remise en forme je propose quelques jours à Gao  :le vent de sable vous permet une exfoliation quotidienne du visage ,vous aurez en quelques heures et malgré une crème écran total une jolie couleur de sable ,et vous perdrez quelques grammes étant donné la légèreté des repas. Ali ,mi Songhai mi Peul ,gentiment vient bavarder avec nous .Il nous explique dans son français très "local " que le pont construit à Gao depuis peu a beaucoup nuit au commerce dans la ville .En effet autrefois pour passer le fleuve il y avait un bac ,et comme la nuit ce dernier ne fonctionnait pas Gao était lieu d'étape ,les bouchers y trouvaient là une manne essentielle à leur survie ,depuis que ce pont enjambe le Niger le bac a vécu ses dernières heures, la modernité cause un manque à gagner qui déjà se fait ressentir dans la cité 

Près de nous l'eau bout dans la théière...les trois hommes continuent de deviser . Songhai ,Bambara ,Peul ,ou Français ,nous entendons seulement le doux ronronnement de leurs voix . Deux Touaregs venus nous proposer quelques babioles plient bagages.Moussa nous a demandé d 'attendre d'être à son campement pour acheter ce que nous souhaitons. Cela nous fait un peu de peine de voir ces hommes déçus , ranger leurs trésors .Nous leurs aurions bien acheté tous leurs bijoux ,tissus , boites ,en sachant pertinemment qu'ils nous les ont proposé 5 fois leur valeur , en espérant avoir ainsi la solution pour faire vivre quelques jours supplémentaires leurs familles.

Moussa n'est pas venu nous rejoindre ,un nouveau rendez vous je suppose...en France ou ici c'est toujours pareil ! ...

 

jcf

 

   Article sur l'inauguration du pont :

http://www.afribone.com/article.php3?id_article=4494

 

Quelques chiffres :

Le pont, réalisé par une entreprise chinoise, a coûté environ 9 milliards de FCFA (13,7 millions d'euros). Les travaux ont été financés grâce à un prêt de la Banque islamique de développement (BID) et à une contribution financière du gouvernement malien La jolie chambre au Sahara passion 17500 FCFA (pour le change rien de difficile , 1000fcfa =10F=1000 anciens francs La bouteille d'eau à l'hotel 1000FCFA et  700FCFA à l'épicerie du marché

jeudi 08 mars 2007, a 17:36
hotel sahara passion
 

  La grille du jardin de l'hotel vient de s'ouvrir sur un Touareg. Il porte un boubou d'une couleur de cuivre rouge et un chèche foncé. C'est Moussa qui pour un temps , a quitté son habit bleu. Il s'approche de nous pour nous souhaiter la bienvenue .Son apparition ne perturbe en aucune façon les habitudes des oiseaux : dans un nimier ,un tilabert couve ses oeufs dans un nid traditionnel tandis qu'au dessus de nous un toujoumba (en songhai) superbe oiseau jaune avec application transporte inlassablement quelques nouvelles brindilles pour prefectionner son nid.

Ibrahim ,visage jovial et toujours souriant pénètre à son tour dans le jardin ombragé de l'hotel suivi de près par la jeune femme de l' aéroport. Ibrahim nous la présente et je me souviens avoir lu son nom dans le livre de Moussa: "en collaboration avec Blanche de ... " La "personne" que je découvre là n'a rien à voir avec celle que j' imaginais !

Elle est écrivain ,spécialiste des déserts , nous apprendrons quelques jours plus tard qu'elle est là aussi pour apporter les dernières modifications à son prochain livre "l' éloge du désir"

Nous les laissons à leur discussion , Mossa vient d'arriver et nous propose de découvrir Gao. Notre guide cet après midi s'appelle Sidi ,c'est un cousin de Mossa. En fait ici tout se passe en famille ,l'agence de voyage est celle de Mossa et les guides et chauffeurs ses cousins ...

Gao ne se raconte pas , il faut s'y promener pour la saisir. Une seule route goudronnée traverse la ville ,toutes les autres rues ,aussi larges pourtant sont de sable ,bordées de maisons  aux teintes de sables orangé ou plus gris ,de grands murs de même matériau occultent les jardins ,car toute maison possède son jardin pour y élever quelques chèvres ,où pour s'y retrouver, à l'ombre d'un arbre parfois, pour boire les trois thés traditionnels.

Le centre ville ne se prétend pas différent , sinon que s'y regroupent les divers ministères et administrations. Le long des ruelles du marché un bric à brac d'objets se  côtoie : des vis , des chaussures ,des tissus ,des plaques de sel...Une petite fille à la peau d'ébène , avec application tresse les cheveux d'une autre enfant ,un bébé s'est assoupi dans le dos de sa maman ,un couturier devant sa machine "singer des années 40 " tire d'un morceau de tissus multicolore un pantalon non moins riche en couleur. Au coin d'une rue, quelques chevres se dressent fièrement sur une montagne d' imondices , cela me remet en mémoire quelque phrase de Daudet parlant le la chèvre de mr Seguin : "et de se voir si haut perchée elle se croit au moins aussi grande que le monde"

Sur les rives du Niger c'est un autre univers grouillant de monde : les femmes lavent leur linge tandis que d'autres font leur toilette dans une eau que nous européen , trouvons boueuse et chargée de détritus.

Au loin des pirogues s'éloignent , chargées de gens, d'animaux .Sur les quais, c'est un mélange de couleurs bigarrées :le bleu des Touareg mais aussi les teintes violines ,indigo,vertes de leurs boubous ,les couleurs acidulées des robes des femmes Bambara ou Songhai. Un petit âne passe près de moi chargé de paille alors que quatre jeunes hommes rentrent des champs ,leurs outils de travail sur l'épaule .

Pour retourner à l' hôtel nous longeons les jardins d'une belle demeure ,les bougainvillées ploient sous les fleurs roses et blanches qui se gorgent de soleil ,un peu plus loin ont été plantés quelques dizaines d'arbres ,bien alignés .Dans quelques années ils offriront une ombre bienfaitrice au promeneurs ,mais aujourd'hui on se prend à penser qu'ils sont bien trop chétifs pour survivre. ...

 

jcf

retrouvez dans la page 4 du blog le précedent livre de Blanche de Richemond "l'éloge du désert "

 

 

 

mercredi 07 mars 2007, a 14:05
GAO , NOTRE ARRIVEE SUR LE SOL AFRICAIN
 

  Un léger vent rend la chaleur supportable. Installés dans le jardin ombragé de l' hôtel "Sahara passion" nous attendons , mon fils Arnaud et moi ,de prendre notre premier déjeuner. Au loin le Muezzin vient de faire son appel à la prière alors que tout autour de nous une dizaine d'oiseaux font un concours des plus belles trilles .Sur le mur de banco (le sable utilisé pour la construction) des lézards de belles tailles nous regardent étonnés, à moins qu'ils ne soient qu'intrigués et nous étonnés ! Mossa ,le cousin de Moussa , est venu nous accueillir à l'aéroport de Gao . L'aéroport un grand hangar où pourraient s'entrevoir les voyageurs en partance et ceux qui arrivent, si ce n'est que nous passons devant les douaniers au moment où , les autres,  montent dans l'avion. Un hangar planté au bout d'une piste surgie de nulle part.

Des Maliens de toutes ethnies s'accrochent en grappes autour des barrières. Comment reconnaître quelqu'un dans ce groupe de personnes ! Mais un peu à l'écart je vois deux Touareg qui ressemblent aux photos que j'ai eu en main , l'un doit être Ibrahim et l'autre Mossa. Ils discutent avec une jeune femme que j'ai remarquée dans l'avion . Placée sur l'un des sièges de la rangée de derrière elle est restée le nez plongé dans ses papiers toute la durée du voyage .

   Il ne  faut que quelques minutes pour que le 4X4 ,un rien brinquebalant de Mossa ne nous dépose devant l'hotel restaurant . Nous y serons les seuls "blancs" pour cette première escale . Mossa nous apprend que la caravane est bien arrivée et que Moussa passera en fin d'après midi pour nous dire bonjour ;en attendant nous prendrons notre repas de midi ...qui se prend à 15H sous cette latitude

jcf

 

http://www.maplandia.com/mali/gao/"

 

Présentation
(photo: touareg au nord mali)
.
C'est en décembre 2006 que j'ai créé ce blog , j'avais envie de partager avec vous ce que j'aime, ce que je connais de l'afrique ..par exemple ,les TOUAREG , ces hommes bleus qui vivent dans les sables du Sahara ,ce peuple que l'on retrouve dans plusieurs pays Le Mali , l'Algerie ,le Niger , le Burkina faso,la Libye...ce peuple nomade de coeur mais souvent sédentaire par les aléas de la vie, et qui partage le même sable que de nombreuses autres ethnies .j'avais envie de vous faire connaitre ou simplement retrouver un peu de cette magie que sait nous faire ressentir l' Afrique en partageant avec vous sa musique ,son histoire,son art....

Au fil des mois j'ai choisi de baguenauder vers d'autres sujets , ce qui est navrant c'est que les catégories ne sont pas nombreuses sur cet hebergeur Mongenie , pour pouvoir s'y retrouver lorsque les articles sont nombreux , alors peu à peu j'ai étoffé mon blog de voyages et vous y retrouverez des sujets que j'ai traité ici .
SAHEL est un blog que j'ai réservé aux gamins, qui connaissent peu l'Afrique (remplacer awanekkinnan par sahel dans l'adresse du blog).

,Mongenie nous rémunère (très peu d'ailleurs ) aux clics sur les pubs qu'il propose (colonne de droite PUBLICITE et au dessus du nom du blog :quelques centimes pour quelques centaines de visiteurs!!!) tout l'argent recollté par les rémunérations aux clics , ou les commissions reversées par les marques dont vous trouvez les liens logos ou bannieres dans mes articles (si vous utilisez ces liens pour effectuer vos achats , encheres ,inscriptions aux news letters ) seront utilisés pour des parrainages d'enfants et des aides à des jeunes d'afrique .
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